LES HOMMES DE LA DFL - Les Généraux
- Paul-Louis-Victor-Marie LEGENTILHOMME Général (1884-1975)
Compagnon de la Libération
Le premier chef de la 1re DFL
Né en 1884 à Valognes (Manche), entré à Saint-Cyr (1905), affecté au 3e régiment de tirailleurs tonkinois, promu lieutenant (1909), il regagne la métropole (1912), où il intègre le 23e RIC.
Fait prisonnier (août 1914), rapatrié en France (novembre 1918), il sert successivement en Indochine puis à nouveau au 23e RIC (1922).
Chef de bataillon (1924), affecté à Madagascar (1926-1928), il retrouve le 23e RIC .
Lieutenant-colonel (1929), chef d'état-major de la 3e DIC, il retourne en Indochine (1931-1934).
Il commande ensuite le 4e RTS, avant d'être nommé commandant en second de Saint-Cyr (1937).
Général de brigade (1938), commandant supérieur des troupes françaises en Côte des Somalis (1939), il ne parvient pas à rallier ce territoire à la France Libre et gagne l'Angleterre (octobre 1940).
Général de division (janvier 1941), il commande les FFL au Soudan et en Erythrée, puis met sur pied la 1re DLFL, qu'il commande en Syrie, où il est blessé (juin 1941) .
Commissaire national à la Guerre du CFLN (septembre 1941), il est nommé haut commissaire de France dans l'océan indien et gouverneur de Madagascar (décembre 1942).
Général de corps d'armée (mars 1943), commissaire à la Défense nationale (octobre 1943), il commande la 3e région militaire (juin 1944), puis succède à Kœnig comme gouverneur militaire de Paris (juillet 1945).
En savoir plus
- Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
- Edgar de LARMINAT -Général- (1895-1962)
Compagnon de la Libération
En savoir plus
- Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
- Publications du Général De Larminat :
L‘Armée dans la Nation, Office français d’édition, Paris 1945
Bertie Albrecht, Pierre Arrighi, Général Brosset, D. Corticchiato, Jean Prévost, 5 parmi
d’autres, Les Editions de Minuit, Paris 1947
Que sera la France de demain, Edition France, sl, sd
L’Armée européenne, Berger-Levrault, Paris 1952
Chroniques irrévérencieuses, Plon, Paris 1962
Photos transmises par Bernard Ballanger - BM 5 (le nom est mal orthographié sur les clichés).
- BIBLIOGRAPHIE
LARMINAT, un fidèle hors série. Philippe OULMONT (dir).
"Il manquait un ouvrage consacré à l'un des grands généraux de la France Libre, qui mit son talent et sa combativité au service du Général, mais dont le non-conformisme allant parfois jusqu'à la provocation, lui valut de solides inimitiés. Sa fin tragique avait sans doute occulté la vie et la carrière de ce personnage complexe et déroutant.
Cet ouvrage collectif, dirigé par notre ami Philippe OULMONT, directeur des Etudes de la Fondation Charles de Gaulle, répare une injustice à l'égard de celui qui demeure, comme l'écrivait De Gaulle, un "grand chef" et aussi "un Français de la plus haute qualité et un homme de coeur". Editions LBM, Paris, 390 pages.
Source de la présentation : Bulletin de l'Association des Familles de Compagnon de la Libération n° 4 15 juin 2010.
- Diego BROSSET Charles - Général- (1898-1944)
Compagnon de la Libération
- DFL - Diego Brosset, la dernière image par Alain Jacquot-Boileau
- DFL - Banque Photo D. Brosset
En savoir plus
- Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
- Biographie sur le site Chemins de mémoire
- biographie synthétique du Général Diego Brosset, abondamment illustrée sur le site de la Promotion Brosset de l'Ecole militaire de Strasbourg
- Paes consacrées à la vie de Diego Brosset
- Note de lecture sur les carnets du Général Brosset in : Français en Résistance. Carnets de Guerre, correspondances, journaux personnels. Edition établie et présentée par Guillaume Piketty (collectif) Paris, Edition Robert Laffont, collection , 2009, 1169 pages
Texte prononcé par le général de LARMINAT lors des obsèques du général Diego BROSSET :
" Le général Brosset est mort. Les eaux tumultueuses d'un torrent des Vosges pnt roulé ce corps athlétique qui tant de fois avait défié joyeusement les risques de la guerre et du sport.
Comme en d'autre temps les héros mouraient à cheval, il est mort au volant de sa jeep qu'il menait si durement au combat au mépris des mines, des obus et des balles pour conduire au plus près la bataille de sa Division. La conduire sur ce rythme héroïque lui appartenait, où se combinaient dans une plénitude magnifique les puissances de l'action, les forces de la pensée, les impulsions du coeur - trois termes inspérables chez Brosset.
Sa Division, il l'aimait comme une amante et aussi comme une fille. Il l'avait faite avec un soin minutieux, attentif aux moindres détails, la voulant irréprochable. Et il la menait au feu avec hardiesse et prudence, s'exposant sans ménagements pour économiser le sang de ses hommes, pour tirer de leur valeur tout le parti possible au prix des moindres pertes.
Sa Division, la 1ere Division française libre, c'est une très belle unité, c'est aussi une société d'amis unis entre eux par la décision délibérément prise aux plus mauvais jours, de ne pas accepter la victoire allemande, de continuer la lutte.
Et de cette amitié bâtie sur une estime réciproque, des aventures communes et aussi sur la mémoire de tant de compagnons morts à la tâche Brosset était le guide incontesté. Chef impérieux et humain, il était l'ami de tous à la Division, et tous étaient ses amis.
En juin dernier en Italie, Brosset à Acquapendente, saluant la dépouille d'un ami, de l'un des plus purs parmi les Français libres, le colonel Laurent-Champrosay, vous prononciez ces simples mots :
"Mon colonel, nous étions attelés à la même tâche. Vous êtes tombé aujourd'hui, nous continuons. Peut-être demain, ce sera notre tour de vous rejoindre."
Aujourd'hui Brosset vous les rejoignez, ces vieux camarades qui sont la gloire de la France libre, les plus purs parmi les enfants de la patrie, les Amilakvari, les Laurent-Champrosay, Amyot d'Inville, tant d'autres qui ont uni à la valeur militaire un courage intransigeant, une absolue rectitude intellectuelle et morale.
Vous n'étiez pas des habiles, vous étiez des forts. C'est d'exemples comme les vôtres que la France s'inspirera pour devenir grande et forte.
Adieu, Brosset, vous aviez tout donné de vous-même pour la libération et le relèvement de votre pays. Vous êtes tombé avant d'avoir pu accomplir tout ce que vous proposiez, qui était grand et noble à votre mesure. D'autres le feront, inspirés par votre souvenir et votre exemple.
La France sera ce que vous vouliez qu'elle soit."
Giromagny la mort dun grannd chef.jpg
Image JPG [849.1 KB]
Télécharger
Giromagny 2 la mord dun grand chef.jpg
Image JPG [866.3 KB]
Télécharger
- Pierre GARBAY - Général - (1903-1980)
Compagnon de la Libération
Sorti de Saint-Cyr en 1924 (promotion Metz et Strasbourg), Pierre Garbay sert d'abord au Maroc, puis en Chine. Après son retour en métropole (1931), il est nommé capitaine (1933) et affecté à l'Etat-major du détachement français de Shangai. Adjoint du Lieutenant-colonel Jean Colonna d'Ornano au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (1938) il prend une part active au ralliement de ce territoire à la France Libre (août 1940). Chef de Bataillon, commandant du bataillon de marche n° 3 (septembre 1940), il se distingue en Erythrée, lors des combats de Kub-Kub et de l'Engiahat (février-mars 1941). Après la campagne de Syrie, il quitte le Bataillon pour prendre le commandement de la 4e Brigade légère (septembre 1941). Entre-temps, le général de Gaulle a fait de lui un Compagnon de la Libération (décret du 25 juin 1941).
Lieutenant-colonel (décembre 1941), il est également nommé commandant de l'infanterie de la 2e brigade française libre (BFL), puis adjoint au général Cazaud, commandant la 2e BFL (mai 1942) dont il prendra le commandement à l'issue de la Campagne de Tunisie, en mai 1943.
En Italie, l'année suivante, il montre une grande autorité dans plusieurs combats difficiles , notamment à Viterbe, MOntefiascone et Bolsena. Nommé colonel (juin 1944, puis commandant l'infanterie de la Division française libre (DFL) (août 1944), il apparait de plus en plus comme le second du génral Brosset, commandant la 1ere DFL-DMI (division motorisée d'infanterie), auquel il succède quand celui-ci meurt accidentellement (20 novembre 1944).
"Il est aussi difficile d'imaginer deux personnalités aussi différentes que le général Garbay et le général Brosset, écrit le général Simon. Garbay est une sorte de moine-soldat, calme et sans passion. Très réfléchi, excellent manoeuvrier, il est d'un tempérament très timide, mais bienveillant et aimable lorsque l'on a su gagner sa confiance. Il n'aime pas parader ou paraître en public, mais cache beaucoup de générosité naturelle sous un aspect un peu bébarbatif".
A quarante et un ans à peine, il est alors le plus jeune général de la France libérée (si l'on excepte, bien sur, les généraux de la Résistance intérieure).
Il lui revient, tout en poursuivant les combats, de "blanchir" la DFL, c'est à dire de remplacer les coloniaux mal adaptés aux rigueurs du climat vosgien par les combattants de l'intérieur. Avec lui, tout se passe sans heurts ni drames. Sous son commandement, la Division va de victoire en victoire, jusqu'aux derniers combats sur les pentes du Massif de l'Authion (mai 1945). (...)
Extrait d'une notice biographique de François Broche, Dictionnaire de la France Libre, 2010.
En savoir plus
-
Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
Pierre Marie KOENIG
- Pierre-Marie KOENIG (1898-1970)
Compagnon de la Libération
Le vainqueur de Bir Hakeim
Né à Caen en 1898, il s'engage (1917), sous-lieutenant (septembre 1918), il choisit de rester dans l'armée après l'armistice.
Affecté aux chasseurs alpins, puis à la Légion étrangère, il prend part aux opérations de pacification du Maroc (1930-1934) avant de rejoindre l'état-major de Catroux, chef de la région de Marrakech.
Il accompagne la 13e DBLE en Norvège (février-avril 1940).
Rallié à la France Libre, il est chargé par de Gaulle de préparer l'expédition de Dakar, en liaison avec l'état-major anglais.
Il participe à la campagne du Gabon, est promu lieutenant-colonel, puis commandant militaire du Cameroun (décembre 1940).
Général de brigade après la campagne de Syrie, il prend le commandement de la 1re BFL (octobre 1941).
Au printemps 1942, il organise la position de Bir Hakeim, qu'il défend victorieusement contre Rommel (mai-juin 1942).
Deux ans plus tard, il est nommé commandant supérieur des troupes françaises de Grande-Bretagne et commandant suprême des FFI, puis gouverneur militaire de Paris (25 août 1944).
En savoir plus
- Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération
Le ralliement de Koenig : Je continuerai à me battre..., par le général Koenig.
Extrait de la Revue de la France Libre, n° 156 bis, juin 1965.
- Avez-vous entendu l'appel du 18-Juin 1940 ?
R. - Non.
- Sinon, comment en avez-vous eu connaissance ?
R. - J'appartenais alors à la 13e D.B.L.E. débarquée de Norvège trois jours auparavant, et ce 18 juin 1940, je partais en reconnaissance d'officiers avec le colonel Monclar, chef de corps, dont j'étais l'adjoint. La reconnaissance, qui visait à organiser une position de résistance dans un futur réduit breton, fut perturbée par l'apparition presque immédiate d'unités motorisées allemandes, axées grand train sur Brest. Après une journée de travail consciencieux et fort difficile, notre colonel, un guerrier entre tous, décida de gagner si possible l'Angleterre où nous espérions retrouver la demi-brigade qui aurait été réembarquée à Brest, puisqu'elle n'avait pu nous rejoindre sur le terrain. Nos prévisions se confirmèrent, le 21 juin, dès notre arrivée à Southampton où la 13e D.B.L.E. nous avait précédés de quelques heures. C'est là que nous apprîmes, en termes d'ailleurs fort vagues, l'appel du 18 juin. Dès notre arrivée au camp de Trentham Park (comté de Trent) où nous avons été transportés, la nouvelle se précisa.
- Comment vous êtes-vous rallié ?
R. - En fait, j'étais déjà rallié avant la lettre dans la mesure même où, dès notre débarquement de Norvège à Brest, j'avais écrit à ma famille demeurée au Maroc pour lui annoncer que, de toute manière, je continuerai à me battre. Dès le 22 juin, la B.B.C. annonça le ralliement de la 13e D.B.L.E. au général de Gaulle ; cette nouvelle précédait, si mes souvenirs sont exacts, un nouvel appel du général prononcé ce jour-là. Mais en réalité, compte tenu des difficultés de liaison avec Londres, je considère que je me suis officiellement rallié, de même que les deux tiers de la 13e D.B.L.E. lorsque le colonel Monclar et moi-même fûmes autorisés par les autorités anglaises à nous rendre à Londres, vers la fin du mois de juin, pour annoncer notre décision au général de Gaulle alors installé dans un bien modeste et lugubre appartement de Saint-Stephens House, transformé en Q.G. de la France Libre.
En savoir plus

