EN ROUTE AVEC LA DFL - LA LIBYE - BIR HACHEIM
Prélude à l’engagement en Libye
Le général de Larminat, rappelé de Brazzaville pour remplacer le général Catroux, éprouve quelques difficultés avec notre rival colonial britannique et avec les autochtones.
Le général De Gaulle lui confie alors le soin de mettre sur pied un groupement de deux divisions légères, dites « Alpha ». Faute de disponibilité, leurs tableaux d’effectifs prévoient un personnel peu nombreux, mais leur dotation en armement leur donnerait, s’il était réalisé, une puissance de feu importante.
L’arrivée en Egypte
Le général De Gaulle ayant adopté le 24 septembre 1941 la forme collégiale dans son gouvernement, obtient de l’URSS en guerre contre l’Allemagne, la reconnaissance de son « Comité national ».
L’envoi du groupe de chasse Normandie sur le théâtre d’opérations russe, puis la proposition de le faire suivre du groupement de Larminat dont les Britanniques refusent l’emploi en Libye, déterminent Winston Churchill à accepter la participation française aux combats de la 8ème Armée. Ce fut une chance pour nos volontaires du Pacifique et nos tirailleurs africains qui n’auraient pu supporter l’hiver en pays soviétique.
Il fut alors admis que trois formations FFL seraient successivement mises en route vers la Cyrénaïque avant le printemps 1942.
Sous une pluie diluvienne la 1ère Division Légère du général Koenig fait mouvement vers l’ouest le 19 décembre 1941, elle traverse la Palestine, le Sinaï, franchit le canal de Suez, et campe le 25 décembre aux pieds des pyramides. Partie de Syrie, de « Division Légère », elle prend le nom de « Brigade-groupe indépendant » en Egypte, bien qu’ayant pris soin de gonfler ses effectifs avant le départ, changé son matériel, et emmené des unités de service capables de satisfaire les besoins d’une Division classique.
Le général Koenig, venu en précurseur, tombe malade et doit être hospitalisé au Caire. Le général de Larminat arrive et prend le commandement du groupement interarmes français libre. Quand il rejoint, peu de jours après, le général Koenig devient son adjoint.
Ainsi, tout au long de l’année 1941, les unités qui sont à l’origine de la 1ère Division française libre prennent part aux opérations militaires et jouent un rôle actif, souvent essentiel dans le conflit. Elles ont permis aux navires américains l’accès de la mer Rouge, au moment où les convois maritimes ne peuvent plus emprunter la Méditerranée ; elles ont par leur action au Levant aidé à arrêter la poussée des troupes de l’Axe vers les richesses pétrolière d’Irak et d’Iran, empêché la prise à revers du Caucase.
En décembre 1941, enfin, elles sont à pied d’œuvre en Libye, prêtes à contribuer à chasser d’Afrique du Nord l’armée italienne et l’Afrika Korps. Demain, en 1942, elles influenceront même sur le déroulement de la guerre.
BIR-HAKEIM
En 1942 se jouait le « drame de Bir-Hakeim… si ces 5500 combattants portant chacun sa peine et son espoir, volontairement venus de France, d’Afrique, du Levant, du Pacifique, d’Extrême-Orient, rassemblés là où ils le sont à travers tant de difficultés, subissent un sombre revers, notre cause est bien compromise. Au contraire, si en ce moment, sur ce terrain, ils réussissent quelque éclatant fait d’arme, alors l’avenir est à nous ! » (Mémoires de guerre) écrit le général De Gaulle, exprimant son émotion.
Après 15 jours de durs combats, du 27 mai au 11 juin 1942, la 1ère DFL, commandée par le général Koenig, brise le rêve de Rommel, subissant le bombardement de 1500 avions, mettant en échec les deux divisions de l’Afrika Korps et les deux divisions blindées italiennes appuyées par le tir de trente-cinq groupes d’artillerie dont la densité de feu est égale à celle subie par Stalingrad, et supérieure à celle de Verdun.