EN ROUTE AVEC LA DFL - 1942 - EL ALAMEIN ET L'HIMEIMAT

Le 23 octobre 1942, l'énorme machine de guerre mise au point par MONTGOMERY démarre enfin.

Le ciel s'embrase sous l'effet d'une préparation d'artillerie étonnante. Les premières vagues partent à l'attaque sans se douter qu'en ce moment, elles font changer la victoire de camp. Le général anglais a décidé d'effectuer la percée décisive au Nord, le long de la côte, et pour ramener secrètement en ce point ses blindés qui se trouvaient jusqu'alors dans le Sud, face aux panzers allemands, il fait appel aux français de la 1ere Brigade, qui auront à effectuer une diversion sur le plateau de l'HIMEIMAT, à l'extrême, occupant à la hâte un front de 12 kilomètres sur la gauche du dispositif britannique large de 60 kilomètres. C'est à peine s'ils auront le temps de faire quelques reconnaissances, qu'importe !

 

Le 23 octobre à 19 heures, la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère que commande le lieutenant-colonel AMILAKVARI reçoit la mission de contourner par le Sud, puis d'attaquer l'escarpement de l'HIMEIMAT, puissante masse rocheuse qui domine le champ de bataille.

L'objectif est à une dizaine de kilomètres du point de départ.

A 23 heures, un premier champ de mines est franchi et , à 1 heure du matin, le 1er Bataillon se heurte à des falaises à pic, balayées par des tirs de mitrailleuses. Il ne peut accéder au plateau.

A 5 heures, le 2e Bataillon, s'élance à son tour et parvient à prendre pied sur l'objectif. Lorsque le jour nait, des blindés ennemis contre attaquent sur le plateau. Or, les canons antichars n'ont pu être hissés sur l'escarpement ; impossible de tenir contre les chars, il faut se replier sous le feu des mortiers, de l'artillerie et des chars ennemis qui ne laissent aucun répit à nos unités dispersées sur la plaine de sable en contrebas.

C'est alors que le lieutenant-colonel AMILAKVARI est tué par un obus avant d'avoir pu atteindre cette position.

 

Ainsi disparut, pleuré par tous ceux qui l'ont connu ou simplement approché, Dimitri AMILAKVARI, prince géorgien, chef énergique et calme, qui toujours montra pour la bassesse et la mort le dédain et le mépris d'un grand seigneur.

 

Pendant l'action, les auto-mitrailleuses, les canons autotracteurs du 1er R.M.S.M, les chars de la compagnie d'Ivry, ont, dans un terrain sablonneux, appuyé sur le mouvement et protégé la retraite.  Seuls en pointe après l'action, ils ont conservé une grande partie du terrain conquis.

 

Le coup de butoir a été si brutalement donné que le commandement allemand croit qu'il s'agit là du principal effort de rupture. Aussi dépêche-t-il vers le sud des troupes et un matériel qui feront défaut au Nord.

 

Ainsi le sacrifice des Français facilitera la rude tâche des AUSTRALIENS de la 51e Division d'Highlanders qui ont à ouvrir dans le secteur Nord une brèche. Dans cette brèche, deux divisions blindées, défonçant le front germano-italien, fonceront, prenant à revers les défenseurs et les contraignant à entreprendre une retraite qui ne s'achèvera que par la capitulation totale.

 

De son côté, la 2e Brigade française participe à la bataille, à 10 kilomètres au nord de l'Himeimat. Rattachée à la 50e Division BRITANNNIQUE, celle ci et la 1ère Brigade, qui effectue une relève au Sud, prennent part à l'assaut des positions défendues par la Division Folgore et le Kampfgruppe de parachutistes Buckhardt.

Après une bataille de 20 jours, les Panzerdivisionen 15 et 21, les Divisions légères 90 et 164, les Divisions Folgore, Pavia et Brescia du Xe Corps italien, les Divisions blindées Ariete et Littorio, la Division motorisée Trieste du XXe Corps, les Divisions Trento et Bologna du XXIe Corps ont été détruites. 30.000 prisonniers ont été faits dont 9 généraux et un butin considérable.

C'est à ce moment, le 2 novembre, que la radio apprend au monde entier le débarquement allié en Afrique du Nord.

 

Malgré leur légitime désir de partiper à la poursuite des restes de l'Afrika Korps, la 1ere et la 2e Brigades passent alors en réserve de la VIIIe Armée et attendent plusieurs semaines.

 

C'est le temps où chaque soir, couchés dans le sable encore chaud, sous l'immense coupole du ciel d'Orient, les Français écoutent, tous feux éteints, à 9h 30, l'émission londonienne des "Français parlent aux Français" puis, quelques minutes avant 10 heures, la mélancolique chanson de Lily Marlen

Venue de Radio-Belgrade, cette chanson berce, dans les deux camps, la nostalgie des soldats, et la VIIIe Armée, dorénavant, la considère comme prise de guerre, et en fait sa chanson de marche.

 

Après la bataille d'EL ALAMEIN, seuls le BIMP et le 1er Régiment de SPAHIS MAROCAINS ont suivi la VIIIe Armée dans son offensive.

 

Et le 28 janvier 1943, à TRIPOLI, ils rencontrent la colonne LECLERC venue du Tchad à travers le FEZZAN italien.

Ensemble, ils vont combattre en TRIPOLITAINE et dans le Sud-Tunisien.

 

En février 1943, la 1ere DFL voit officiellement le jour. Le général de LARMINAT regroupe, dans la région comprise entre BARDIA et TOBROUK, tous les éléments français et les organise en grande unité.

La 1ere Brigade qui a toujours eu les éléments d'une Division en forme de noyau. La 2e Brigade est venue de Syrie. Des éléments d'artillerie de DJIBOUTI viendront les renforcer.

L'espoir de reprendre le combat, de retrouver et de libérer en même temps une terre française, vit dans tous les coeurs. C'est une période d'instruction intense sous le signe de l'entrain et de la bonne humeur.

 

Au mois d'Avril, les convois de la Division parcourent par étapes les milliers de kilomètres de la route de Tripoli.

A la Cyrénaïque montagneuse, verdoyante et fertile, succède l'interminable  désert de  TRIPOLITAINE, coupé ça et là par les exploitations abandonnées des colons italiens.

  • EN SAVOIR PLUS

 

La Bataille d'El Alamein, sur le site Chemins de Mémoire

 

VIDEO payante : El alamein et Koursk : les plus grandes batailles de chars de l'histoire

Film sur la Bataille d'El ALamein http://www.39-45.org/portailv2/media/media-331+la-bataille-d-el-alamein-1942.php