EN ROUTE AVEC LA DFL - LA SYRIE

L’AFFAIRE DE SYRIE

 

                Le 26 mai 1941, à Qastinah en Palestine, le général Legentilhomme rassemble la 1ére Division française libre qui regroupe les unités d’Afrique équatoriale, d’Erythrée et de Libye. Il y a là 6 000 fantassins, 2 batteries de 4 canons, 10 chars, deux  escadrons de Spahis, et des formations des services : Santé, Intendances et matériel. En face au-delà de la frontière, les troupes françaises de Vichy profitent en paix de la politique d’apaisement que les Britanniques mènent à l’égard de Dantz avec qui ils viennent de signer, à la fin du mois d’avril un traité de commerce facilitant le ravitaillement des Etats du Levant.

                Cependant sous l’impulsion personnelle du Maréchal l’ambiance change progressivement  au Levant. Dans son discours du 8 avril Pétain attaque publiquement la résistance et les Forces françaises libres, et ordonne de défendre l’unité de l’Empire.

Le colonel Bourget, chef d’Etat-Major de Weygand porteur d’une lettre de service signée du Maréchal arrive en Syrie muni de tous les pouvoirs. Il fait fermer la frontière palestinienne, épure les cadres de l’Armée, renvoie en France les personnes soupçonnées de sentiments pro alliés.


                L’entrevue Darlan-Hitler à Berchtesgaden entraîne, à partir du 12 mai 1941 au Levant, une collaboration active avec l’Allemagne. la France accorde le droit de passage par la Syrie des avions, du matériel militaire, des spécialistes d’aviations nécessaires aux irakiens révoltés contre la Grande Bretagne. L’aérodrome de Rayak et ateliers sont cédés à la Luftwaffe que l’intendance française habille et ravitaille. La baie de la Chekka dont la situation est « propice à la conservation du secret » est proposé par le général Dantz, le 26 mai 1941, pour servir à la Kriegsmarine, ses sous marins et ses chalands de débarquement ; l’aménagement du port de Lattaquieh en vue du débarquement de troupes allemandes et italiennes est étudié. Du matériel de guerre, canons, armes automatiques, carburant prélevés sur les stocks français sont acheminés vers les rebelles, jusqu’à Tel Kotchek.


                Cette collusion avec l’ennemi ne provoque aucune réaction d’indignation parmi les militaires du Levant, seul le colonel Collet prend le parti de rejoindre la « dissidence » avec quelques Tcherkesses.

                Les Britanniques décident de faire disparaître le danger que fait peser sur les arrières de la 8éme armée l’existence d’un territoire où les entreprises de l’ennemi ont libre cours. Les Français libres s’engagent à leurs côtés pensant que leur présence épargnera toute effusion de sang et provoquera des ralliements.

                Cet espoir est déçu. La participation française est, en outre, la condition nécessaire pour que soit conservés au Levant les droits de la France dont le général De Gaulle revendique la responsabilité.

 

Le 8 juin, la Division française libre entre en Syrie, l’implacable esprit de discipline, la fidélité au serment prêté au Maréchal, l’emporte sur l’instinct national, et les troupes du Levant ouvrent le feu contre les Alliés.

 

Durant tout un mois, l’armée de Dantz soutient de durs combats, elle contient les Australiens au Liban, arrête la légion arabe devant Palmyre, contre-attaque les Français libres en Syrie ; mais la résistance diminue graduellement car les effectifs et les moyens s’amenuisent. Elle mène le combat pour l’honneur auquel ses chefs font appel, et croit que son combat sert à la sauvegarde de ce qui reste de l’empire.

Les bataillons de renfort envoyés par Vichy, voyagent à travers l’Allemagne et les pays que l’ennemi occupe, ne dépassent pas Salonique : seules des escadrilles d’avions de chasse, très modernes, venues d’Istres et d’Afrique du Nord, participent à la lutte dès la première semaine.

Le général Dantz se résout enfin à demander un armistice qui est signée le 14 juillet à Saint-Jean d’Acre, lieu choisi par nos alliés en souvenir sans doute de Bonaparte.

C’est pour la DFL la fin d’un combat dur et douloureux : nos adversaires ont perdu 1100 tués et 5400 blessés, notre division 650 tués dont le capitaine de corvette Detroyat et le colonel Génin, nos alliés 3060 tués ou blessés.

Après les opérations, 2600 Européens, 1100 Nord-Africains et 1800 coloniaux rejoignent nos rangs.

Malgré cela, il fallut prélever sur la DFL les cadres nécessaires à la direction politique ou technique des diverses administrations du Levant désorganisées par le départ, sur l’ordre des autorités de Vichy, des cadres existants. Les nécessités du maintien de l’ordre obligent, d’autre part, le commandement à disperser les unités de la division sur tout le territoire ; la DFL cesse temporairement d’exister n’ayant connu qu’une existence éphémère.

EN SAVOIR PLUS...

 

- La Guerre de Syrie, par le général SAINT HILLIER

 

- 1 de la DFL :  récit de la captivité de Jacques HERRY (Chars) , fait prisonnier par les forces vichystes durant la campagne de Syrie

Syrie 1941 – Henri de Wailly

La Campagne du Levant - Cahier n° 7 - France Libre n° 34
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Au fil de nos pages...

  MARCHE DE LA 1ERE DFL


"Il n'est pas question que l'on raconte            

En cent mots près de cinq ans d'actions.         

Pourtant, il faut faire un triste compte :          

Quatr'mill'morts dans notre Division !...        

Dès quarant' nos soldats héroïques              

Etaient là les armes à la main,                     

Sur le sol de la cyrénaïque                          

Faisant s'enfuir tous les Romains ! "            

 

Refrain…

"En avant ! Les Légionnaires,

Les Marsouins à l'âme fière,

Les Marins fonçant sur terre,

 Les Bigors...répondant à l'Appel !

Le calot bleu comme emblême,

L'écusson à Croix d'Lorraine ;

Le regard pur et sans haine...

Halte là ! VOICI LA D.F.L.