DECOUVREZ SES UNITES - DEFENSE CONTRE AVION -F.T.A et 21e Groupe Antillais de D.C.A

OPERATIONS

 

GARIGLIANO - PONTECORVO - MONTEFIASCONE -

TOULON - GIROMAGNY - HERBSHEIM- BENFELD

CHEFS DE CORPS

 

Jules De KOENIGSWARTER , chef d'escadron, Compagnon de la Libération

LANLO, Chef de Bataillon

ORIGINES

 

En octobre 1942, 5OO volontaires forment le bataillon des Antilles, équipé à la Nouvelle-Orléans et transporté au camp de Fort-Dix (New Jersey). Commandé par le chef de bataillon DREANNO, le B.M.A 1 débarque à Casablanca le 12 octobre 1943, séjourne au camp d'EL HAJEB, près de MEKNES, puis est le 16 janvier 1944 intégré à la 1ere D.F.L en TUNISIE, où il devient le 21 e Groupe antillais de D.C.A (Défense Contre Avions).

Le 1er Bataillon des Antilles

(archives Amicale DFL)

CITATION A l'ORDRE DE LA DIVISION

 

Le Général de Brigade GARBAY, commandant de la 1ere Division Française Libre, cite à l'Ordre de la Division : 21 eme GROUPE ANTILLAIS DE D.C.A

 

"Groupe Antillais d'élite, sous l'impulsion du Chef d'Escadron de KEONIGSWARTER, commandant les F.T.A Divisionnaires, et le commandement énergique du Chef de Bataillon LANLO, a toujours fait preuve des plus belles qualités militaires.

Après avoir participé à la Campagne d'Italie, a été utilisé à maintes reprises pendant la Campagne de France comme unité antichars ou d'Infanterie.

Premier groupe de F.T.A débarqué à Cavalaire, a pris une part active dans la réduction des Forts de TOULON, faisant de nombreux prisonniers.

A tenu, au prix de lours sacrifices, un front étendu de position d'Infanterie devant GIROMAGNY.

A montré une belle ardeur combative pendant la défense d'HERBSHEIM, où un fort détachement du Groupe est resté encerclé pendant trois jours, résistant sans défaillance malgré la perte de plusieurs de ses pièces atteintes de coups directs de char et la mort de la plupart de ses officiers et chefs de section.

A BENFELD, les jours suivants, a repoussé toutes les attaques de l'Ennemi, détruisant des chars et faisant des prisonniers".

La répression de la dissidence aux Antilles

 

Aux Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), le régime de Vichy doit faire face à une double « dissidence ».

Au niveau intérieur, elle s'exprime d'abord par des actes symboliques isolés, avant de s'organiser, à partir de 1942, avec la constitution de mouvements, qui diffusent tracts et journaux clandestins. En 1943, les troubles politiques se développent, avec la mutinerie des marins de la Jeanne d'Arc en avril, des émeutes dans plusieurs communes de Guadeloupe d'avril à juin et la mutinerie de la 3e compagnie du « camp Balata » le 29 juin, à Fort-France, entraînant le renversement des autorités vichystes, incarnées par l'amiral Robert, haut-commissaire de la France aux Antilles ; la Guadeloupe suit le 15 juillet.

 

Au niveau extérieur, 4 000 à 5 000 Antillais (1) s'échappent de Martinique et de Guadeloupe (2) entre 1940 et 1943, surtout en 1942 et 1943, à bord de frêles esquifs, en direction des îles anglaises voisines de la Dominique et de Sainte Lucie, quelquefois Antigua - l'un des plus connus est Frantz Fanon. Là, ils s'engagent dans la France Libre et sont dirigés vers les Etats-Unis, pour y être formés. À la Dominique, un premier convoi de 325 hommes part le 11 octobre 1942, un deuxième convoi de 108 évadés le 1er janvier 1943, un troisième de 96 volontaires le 4 avril suivant, un quatrième de 33 personnes le 29 avril et le dernier de 929 personnes le 10 juin. En juillet, après le ralliement de la Martinique et de la Guadeloupe, il reste 3 000 hommes à rapatrier. En Guyane, les « dissidents » tentent de rejoindre le Surinam.

 

Pour combattre cette « dissidence », les autorités vichystes prennent le 10 septembre 1940 un décret-loi « relatif aux mesures à prendre aux Antilles et à la Réunion, à l'égard des individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ». Trois jours plus tard, un arrêté institue le Fort Napoléon, aux Saintes, comme « lieu d'internement pour les individus dangereux pour la défense nationale et la sécurité publique ». Transformé en prison, le Fort Napoléon est, avec le Fort Saint-Charles, en Guadeloupe, et les Îles du Salut, en Guyane, le principal centre d'internement des « dissidents ». Entre 1940 et 1943, selon une étude, il y aurait eu 137 internés au Fort Napoléon (3).

 

De même, l'amiral Robert fait multiplier les rondes sur les côtes et les patrouilles en mer.

 

En 1941, une dizaine de personnes, en majorité originaires de la métropole, sont internées au camp de Balata, au Fort Desaix ou dans la cale des navires de guerre.

 

Georges Chalono et Joseph de Reynal sont envoyés au Fort Napoléon pour avoir collé le V de la victoire sur leur voiture.

 

Le 9 mars 1941, en Martinique, Maurice des Étages est arrêté pour avoir fourni un canot avec un équipage et de l'argent à trois sous-officiers, Hervé de France, Henri Dubois et Chapeyrou, arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à s'embarquer pour Sainte-Lucie. Interné 8 huit mois à bord du croiseur Émile Bertin et du porte-avions Béarn, il est condamné le 15 octobre suivant par la Haute Cour de Justice Criminelle à 15 ans de travaux forcés, à 20 ans d'interdiction de droits civils et politiques et à la confiscation de ses biens pour haute trahison - on le déporte au bagne des Îles du Salut, où il reste 24 mois. Hervé de France est condamné à cinq ans de travaux forcés, Henri dubois et Chapeyrou à trois ans.

 

En mars 1943, 250 « dissidents » sont arrêtés.

 

La dissidence concerne également des marins. En juin 1941, un graisseur du pétrolier Bourgogne ayant quitté le bord dans l'intention de se rendre à Sainte-Lucie est arrêté et emprisonné. On le transfère au Fort Napoléon, puis aux Îles du Salut. Trois marins du pétrolier Kobad sont interceptés alors qu'ils tentaient de rejoindre Sainte-Lucie à bord d'une embarcation et condamnés à la prison. On les libère le 17 juillet 1943, après le ralliement de la Martinique. A Sainte-Anne (Martinique), le patron du voilier Adelina, qui désire partir pour Sainte-Lucie avec son navire, est dénoncé et inquiété par la police.

 

Les tribunaux ont prononcé 83 condamnations à mort par contumace pour fait de « dissidence ».

 

 

1) En octobre 1942, on compte 4 000 Antillais et 500 militaires français, surtout des marins, dans les îles voisines.

2) Sur une population de 550 000 habitants selon le recensement de 1936, 246 000 en Martinique, 304 000 en Guadeloupe.

3) Dominique Chathuant, « Aux origines de la Dissidence guadeloupéenne 1940-1943 », thèse de 3e cycle, Université de Reims Champagne-Ardennes, 1991, p. 136.

 

 

Bibliographie

Eric Jennings, « La Dissidence aux Antilles (1940-1943) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, n° 68, octobre-décembre 2000, p. 57-72.

Laurent Jalabert, « Les Antilles de l'amiral Robert », dans Jacques Cantier, Eric Jennings (dir.) L'Empire colonial sous Vichy, Odile Jacob, 2004.

Eric Jennings, Vichy on the Tropics : Petain's National Revolution in Madgascar, Guadeloupe and Indochina, 1940-1944, Stanford University Press, 2004.

 

HISTORIQUE RESUME

 

En octobre 1942, devant l'afflux de jeunes gens évadés de la Martinique et de la Guadeloupe, pour s'enrôler dans les Forces Françaises Libres, fut créé le Bataillon des Antilles. Il comprenait à l'origine environ 500 volontaires, encadrés par quelques gradés français évadés des Antilles ou recrutés dans divers pays du continent américain. Après quelques mois d'instruction à la Nouvelle-Orléans, l'unité rejoignit le camp de FORT-DIX, et le chef de Bataillon DREANNO, venu de Londres avec quelques officiers et sous-officiers, fut placé à sa tête.


En août 1943, le Bataillon atteignait le chiffre d'environ 1700 hommes, la plupart sans aucune instruction militaire. Les Américains acceptèrent de lui fournir un armement moderne et mirent à sa disposition des stocks de munition d'instruction et les différents champs de tir.

Le 13 septembre 1943, l'unité, rebaptisée du titre de Bataillon de marche des Antilles n°1 et constituée sur le type américain, avec une compagnie supplémentaire pour lui servir de dépôt et de réservoir d'hommes, quittait le camp Fort Dix pour rejoindre l'Afrique du nord, où elle devait recevoir des armes et des cadres.

 

Débarqué à Casablanca le 12 octobre 1943, le Bataillon acheva son instruction au camp d'El-Hajeb, avec un armement français individuel et quelques armes automatiques.

Envoyé en décembre 1943 à Sousse et Kairouan, en Tunisie, le BMA n°1 reçut de l'armement collectif anglais, quelques véhicules et quelques radios.

Le 18 janvier 1944, il fut intégré à la 1ère DFL et prit le nom de 21e Groupe Antillais de DCA. Après plusieurs mois d'instruction et le remplacement du chef de Bataillon Dreanno par le chef de Bataillon Lanlo, l'unité, équipée de matériel américain, débarqua en Italie en mai 1944.

Le 31 mai, le Groupe reçut l'ordre de rejoindre la Division à PONTE-CORVO. Il assura la protection antiaérienne des itinéraires, des terrains de Piper-cub et participa aux opérations de transport. Positionné autour de MONTEFIASCONE, à partir du 12 juin, il fut soumis à des tirs de mortiers, le soir même, puis à une attaque aérienne, la nuit suivante. Les pertes s'élevèrent au total à 5 morts et 10 blessés.

Le 25 juin, le Groupe laissa Montefiascone pour AVERSA, dans le sud de l'Italie. Les hommes quittaient la rade de Tarente à bord de paquebots le 12 août, deux jours après le matériel, embarqué à Brindisi.

Dans la nuit du 16 au 17 août, le Groupe débarqua sur la plage de CAVALAIRE et se rassembla à la CROIX VALMER. Devant la faiblesse du danger aérien, les véhicules de la 4e batterie aidèrent aux transports de la Division, tandis que les 2e et 3e batteries assuraient la protection aérienne. Le 20 août, une section, devenue infanterie, opéra dans la vallée de VALBONNE. Les 22 et 23 août, les camions du Groupe menaient quelques 200 prisonniers vers l'arrière, à la caserne d'HYERES, tandis que la 3e batterie assurait la protection aérienne et que la 2e prenait position à LA VALETTE.

Dans les Vosges, le Groupe de DCA assura la protection antiaérienne dans la zone de déploiement de l'artillerie malgré le froid, l'humidité et la neige. Ses véhicules étaient prêtés pour acheminer rapidement l'infanterie vers la zone de combat ou de la zone de combat vers une zone de repos.

Du 10 octobre au 30 novembre, une compagnie d'infanterie occupa dans les montagnes de FRESSE trois points d'appui, à plus de 800 mètres d'altitude, en pleine forêt et dans la neige. Le 21 novembre 1944, enfin, les Antillais participèrent à l'attaque menée par le BM 4 et le 22e BMNA.

Le 11 novembre 1944, le commandant LANLO avait adressé le message suivant à ses hommes : « Vous avez l'honneur d'être les Français de couleur à quitter les derniers le front de combat de l'infanterie. Ceux d'entre vous qui, pour remonter en ligne, ont caché aux médecins leurs souffrances, m'ont donné la plus grande joie des chefs ; la vue d'hommes qui servent ennoblis par l'abnégation et le sacrifice. »

Envoyé ensuite sur le front de l'Atlantique, comme l'ensemble de la 1ère DFL, le Groupe assura uniquement la protection aérienne du terrain d'aviation de COGNAC, entre le 16 et le 27 décembre 1944, sans subir aucune attaque aérienne.

En ALSACE, où la Division avait été rappelée d'urgence, les missions de DCA du Groupe se doublèrent de missions de défense contre les blindés. La 1ère batterie était installée dans la région de BENFELD, la 2e batterie à VAL DE VILLE et THANNENKIRCH ; une section se tenait aux avant-postes, à HERBSHEIM. Du 7 au 11 janvier 1945, à Herbsheim, Sand et Benfeld, les batteries subirent des bombardements violents et des tirs de harcèlement.

Le 7 janvier, une section composée d'éléments des 2e et 4e batteries recevait l'ordre de prendre position, le lendemain matin, dans Herbsheim. Soumis à de violents bombardements et à des tirs de harcèlement, le village restait encerclé pendant quatre jours. Le 11, en début de matinée, la section décrochait.

Les jours suivants, à BENFELD, le Groupe repoussait toutes les attaques de l'ennemi, détruisant plusieurs chars. Le groupe comptait de nombreux tués, dont deux officiers, et les chefs des deux demi sections de Herbsheim.

Dans la nuit du 22 au 23 janvier, 1945, la Division partait à l'attaque de la poche de COLMAR. Malgré la neige, les obstacles posés par l'ennemi et l'opiniâtreté de la défense allemande, le Rhin était atteint dans les derniers jours du mois. Puis, du 19 février au 7 mars, le Groupe participait à la garde du Rhin avec une compagnie d'infanterie et une batterie en défense contre les blindés, dans la région de DIEBOLSHEIM.

Le 9 mars, le Groupe faisait mouvement vers le front des ALPES.

Arrivé vers le 15 mars 1945, il fut placé en défense côtière de NICE A MENTON, avec une partie du 1er RFM. Il prêta au train ses GMC et ses chauffeurs.

 

Le 7 septembre 1945, le 21e Groupe antillais de DCA fut cité à l'ordre de la Division par le général Garbay, commandant la 1ère DFL.

CARTE DU PARCOURS DU BATAILLON DES ANTILLES

De la Martinique aux campagnes de Libération de l’Italie et de la France :

L’exemple du 21e GADCA (Groupe Antillais de défense Contre Avion)

Ex- Bataillon des Antilles n°1 (BA1), incorporé dans les FTA (Forces Terrestres Antiaériennes) de la 1e DFL (1e Division de la France Libre)

1. Départ des Antilles via la Dominique ou Sainte-Lucie 1942-1943

(5 convois de Octobre 42 à Juin 43)

2. Départ du 1er convoi des Etats-Unis de 1.149 dissidents après un entraînement militaire au Fort Dix dans l’Etat du New- Jersey 24 Sept 43 (BA 1 créé en oct. 42).

3. Arrivée au Maroc (Casablanca) 12 oct. 43. Cantonnement à EL HAJEB et MEKNES

4. Tunisie Déc. 43. Consolidation de la présence des Alliés en Afrique du Nord (Formation du 21e GADCA 18 janvier 44)

5. Campagne d’Italie (Monte Cassino) Mai 44.

6. Débarquement de Provence à Cavalaire 15 Août 44

Libération de Toulon 25 Août 44

a) Franchissement du Rhône 31 Août 44

b) Lyon 6 sept 44

c) Campagne des Vosges- Campagne d’Alsace fin Sept 44-mars 45

d) Campagne de la Riviera (Côte d’Azur) Mars-mai 45

e) Retour aux Antilles par convois maritimes : le 7 septembre 1945, 9 sous-officiers et 125 hommes de troupe sont dirigés vers le centre de transit de Rouen pour rapatriement

 

Source: carte et légende réalisée dans le cadre du travail des élèves du Lycée Saint James (concours Résistance et Déportation 05-06)

retrouver ce média sur www.ina.fr

VIDEO INA : Dans le cadre de "France forever", l'Office Français d'Informations Cinématographiques propose un film consacré à l'entraînement sur le sol américain de troupes françaises.Le Général Charles Antoine LUGUET, attaché de l'air, Général de division aérienne, est filmé dans une base militaire américaine où est arrivé un bataillon de soldats antillais et où s'entraînent soldats, marins et fusiliers marins français. ...

Parcours de dissidents - France5
Retour sur une page méconnue de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : l’engagement de milliers de jeunes Antillais dans le combat pour la France libre.
Diffusion : dimanche 11 juillet à 20.35

EN SAVOIR PLUS :

 

BIBLIOGRAPHIE

  • Les dissidenciés guadeloupéens dans les Forces Françaises Libres - Antony Girod-A-Petit Louis - L'Harmattan - 2002
  • Militaria mag.N°260 -Volontaires antillais de la France libre - Frédéric Pineau - 2007
  • 1926-1946 - Une jeunesse guadeloupéenne - J. Frémont - 2006
  • Chronique et itinéraires de mes campagnes 1942-1945 - Jean Raspaud - 2000
  • Les Dissidents des Antilles dans les Forces Françaises Libres Combattantes, 1940-1945 - Lucien Joseph Abénon et Henry E. Joseph - Association des Dissidents de la Martinique - 1999
  • Revue Historique des Armées - N°71 - Les combattants antillais des deux guerres - Dubois - 1963

source:  Bibliographie sur le 21e groupe antillais de DCA  sur le site bibliographique de Laurent Laloup

 

DOSSIER CONCOURS ET DEPORTATION 2005-2006 du Lycée Saint James :

"La contribution des ruraux de la région Saint-Pierre - Prêcheur - Grand-Rivière au départ en dissidence vers l'île anglaise de la Dominique pendant la Seconde Guerre Mondiale"

 

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