DECOUVREZ SES UNITES - 4e BRIGADE - 1er B.I.M - BP 1- B.I.M.P
Insigne du BIMP en nacre
ORIGINES
Le 1er juillet 1942, le 1er Bataillon d'Infanterie de Marine (B.I.M) et le Bataillon du Pacifique fusionnent pour former, à compter du 16 juin 1942, le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique
Fanion du B.I.M.P Jean TRANAPE
porte le fanion du B.I.M.P
CHEFS DE CORPS
| 1er B.I.M | Capitaine LOROTTE | |
| Commandant de CHEVIGNE | ||
| Commandant SAVEY | ||
| B.P. 1 | Lieutenant-Colonel BROCHE | |
| Commandant SAVEY | ||
| B.I.M.P | Commandant ALESSANDRI | |
| Commandant BOUILLON | ||
| Commandant MAGNY | ||
| Commandant MAGENDIE |
OPERATIONS
| BIM | SIDI BARANI, TOBROUCK, BENGHAZI, EL ADJEBADIA, MASSAOUAH, MERDJAYOUM, DAMAS, HALFAYA, BIR HACHEIM | |
| B.P | HALFAYA, BIR HACHEIM | |
| B.I.M.P | HIMEIMAT, TRIPOLITAINE, Ligne MARETH, DJEBEL GARCI, GIROFANO, SAN GIORGIO, RADICOFANI, CHAMPAGNEY, BELFORT, ROSSFELD, HERBSHEIM, AUTHION |
L'HISTORIQUE DU 1er B.I.M.
Le 25 août 1940 à ISMAILIA, le Baron de BENOIT, Commissaire de la France Libre en Egypte, remettait un drapeau tricolore offert par la colonie française du CAIRE et d’ISMAÏLIA aux « Volontaires Français du 1er Bataillon d’Infanterie de Marine ».
L’emblème aux couleurs nationales françaises prit place aux côtés de l’Union Jack britannique confié en juillet 1940 par le Gouverneur anglais de l’île de CHYPRE à la garde de ces volontaires français.
Quels étaient ces « volontaires » qui depuis deux mois, à défaut du drapeau français, avaient formé leurs rangs sous les plis d’un pavillon britannique en attendant de retrouver leur emblème national ?
Au nombre de 500 environ à l’origine, ils venaient tous du 24e Régiment d’Infanterie Coloniale. Officiers, sous-officiers, soldats de carrière ou mobilisés, un même sentiment de honte et de rage leur avait faire refuser l’armistice de juin 1940, soit qu’ils avaient été déjà associés à nos alliés britanniques pour la défense de l’île de Chypre, soit qu’ils aient eu à quitter leur garnison de SYRIE pour passer en PALESTINE.
A CHYPRE, les Anglais, surpris par les évènements et ne disposant d’aucune instruction, s’étaient montrés très réservés et avaient assisté passivement à la lutte d’influence des jeunes officiers et sous-officiers groupés derrière le Capitaine LOROTTE contre la hiérarchie traditionnelle qui, devant ce mouvement de résistance, s’efforçait de maintenir l’obéissance afin de ramener le 3e Bataillon tout entier, au sein du Régiment resté à TRIPOLI de Syrie.
Du 18 juin au 10 juillet les résistants s’étaient comptés et affirmés : 350 hommes se refusèrent à retourner au Levant ; Cependant les Anglais les obligèrent à restituer la totalité de l’armement lourd dont ils s’étaient emparés.
Le 12, le Colonel FONFERRIER – qui sera tué plus tard dans la résistance en France – venu de TRIPOLI pour essayer de reprendre son ascendant sur ses soldats « égarés », s’adresse directement à tous : il est écouté avec respect mais une vibrante Marseillaise s’élève spontanément de tous les rangs pour lui répondre. « Dans ces conditions, je vous souhaite bonne chance », conclut le Colonel ému. Et chacun de comprendre qu’il eût préféré se joindre à eux mais que son sens du devoir envers son Régiment et le Commandement français fait de lui le prisonnier de sa charge.
Rassemblés à NICOSIE, les volontaires français sont alors reçus avec enthousiasme par les Britanniques qui organisent une prise d’armes à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, puis le lendemain, en témoignage de la confiance qu’ils gardent à leurs compagnons d’armes fidèles, leur remettent solennellement au cours d’une nouvelle prise d’armes, un drapeau aux couleurs de l’Union Jack.
Le Haut Commandement britannique en Moyen-Orient ayant prescrit de diriger le détachement français sur l’ÉGYPTE, les 350 volontaires français arrivant de CHYPRE sont accueillis à ISMAILIA le 23 juillet par 150 camarades de leur Régiment, venus de Syrie par la PALESTINE.
A TRIPOLI, en effet, la 3e Compagnie du 24e R.I.C commandée par le Capitaine FOLLIOT, un ancien de 14-18, ne s’est pas résignée à cesser le combat. Dès que l’armistice est officiellement annoncé, le 27 juin, 130 gradés et hommes embarquent subrepticement avec armes et bagages sur cinq camions subtilisés à l’aide de faux ordres de mission et gagent la PALESTINE en une seule nuit, sans manquer de cisailler, de temps à autre, les lignes téléphoniques que longent la route TRIPOLI-BEYROUTH-NAKOURA.
Au passage de la frontière, les trois gendarmes français se laissent facilement convaincre de l’inanité de toute opposition.
Très rapidement, d’autres éléments sont venus rejoindre la compagnie FOLLIOT : ce furent d’abord une vingtaine de légionnaires d’origine espagnole du 6e R.E.I, puis un lieutenant d’un régiment de chars ayant quitté HOMS avec un convoi de camions sur lesquels avaient embarqué quelques chausseurs de passage à RAYAK, suivis quelques jours plus tard par une auto-mitrailleuse et enfin, le 2 juillet par tout un escadron à cheval de SPAHIS marocains aux ordres du Capitaine JOURDIER.
Le 18 juillet, les contingents français constitués au tour de la compagnie FOLLIOT et de l’escadron JOURDIER, embarquent sur la voie ferrée à HAIFA pour gagner ISMAILIA sur les bords du Canal de SUEZ où la colonie française du Canal leur fit un accueil émouvant.
Le 23, le détachement LOROTTE les rejoint mais déjà, il a choisi de s’appeler pour l’avenir « 1er Bataillon d’Infanterie de Marine » reprenant ainsi l’ancienne appellation des Troupes Coloniales avant 1900.
Le Capitaine FOLLIOT acquiesce de tout cœur à cette initiative et se reconstituant l’unicité du 24e Régiment, s’intègre dans le B.I.M avec le numéro Un pour sa compagnie.
Disposant d’un armement français sans munition de réserve et de quelques véhicules de fabrication française parfaitement inadaptés au désert à l’exception d’une Lafly six roues, le B.I.M. se présente comme une troupe instruite et disponible pour reprendre le combat par la qualité de ses personnels mais absolument inapte, par ses matériels, à s’engager dans le genre d’opérations très mobiles et puissantes qui se dérouleront aux confins de la Libye et de l’Egypte, au WESTERN DESERT.
Le Capitaine LOROTTE aura la tâche difficile d’obtenir du commandement britannique le matériel radio et de navigation, les véhicules, l’armement lourd et les équipements indispensables pour la guerre du désert.
Les Britanniques en effet, n’en disposent même pas suffisamment pour leurs propres forces : anglaise, australienne, néo-zélandaise ou indienne qui forment la 8e Armée. Des troupes polonaises venues elles aussi de Syrie, dans le même état que les éléments français sont tout autant démunies et tout aussi impatientes de reprendre le combat : elles forment la Brigade des Carpathes qui s’illustrera à TOBROUK en y soutenant victorieusement le siège par l’Afrika-Korps du Général Rommel.
A force d’insistance pressante, l’équipement complet pour une compagnie est obtenu : une ardente compétition s’ouvre entre ceux de CHYPRE et ceux de TRIPOLI : c’est toutefois la Compagnie FOLLIOT, première arrivée, qui aura l’honneur d’être aussi la première à entreprendre le combat.
Le 6 septembre, après un entraînement d’autant plus intensif qu’il sera bref, la 1ere Compagnie quitte ISMAILIA pour rejoindre vers SOLOUM la 7e Division blindée britannique celle des « Rats du désert » qui, seule grande unité mobile et cuirassée, couvre l’ÉGYPTE face à plus de 200.000 hommes de l’Armée Graziani, heureusement toujours passive. Tellement même que c’est le Général WAWEL qui, en décembre 1940 prend l’offensive.
La 1ere Compagnie y participe et dès janvier, compte ses premiers morts au Champ d’Honneur : LALOU, POTHIN, BARTOLI et FLEURY ; ainsi, Winston CHURCHILL pourra annoncer à la Chambre des Communes « la prise de TOBROUCK par les forces britanniques et les forces françaises libres ».
Pour marquer cette reprise des opérations de guerre contre les forces de l’Axe, le Général DE GAULLE nomme les premiers Compagnons de l’Ordre de la Libération sans distinction de grade, parmi les hommes de la 1ere Compagnie du 1er B.I.M.
En février 1941, la 2e Compagnie (Capitaine GIROD) équipée à son tour rejoint le premier au WESTERN DESERT et opère avec elle en tandem. Pendant ce temps, à EL DABA, les hommes des trois autres compagnies perdent patience bien qu’ils voisinent avec les Polonais et les Néo-Zélandais aussi dépourvus et ardents que nos gens : les nôtres finissent par se dire « si les Anglais n’ont pas de véhicules à nous délivrer, qu’ils nous donnent une seconde paire de chaussures et nous envoient au Soudan » où chacun sait que le 1er Escadron de Spahis marocains à cheval a été récemment envoyé pour combattre les Italiens d’ÉTHIOPIE.
Ces doléances seront entendues : en mars 1941, sous les ordres du Capitaine SAVEY, un Père dominicain, officier de réserve, la 3e Compagnie de marche forte de 250 hommes remonte le NIL en bateaux à l’aube (ce qui lui vaudra de découvrir LUXSOR et la HAUTE-EGYPTE) et rejoint la 1ere Brigade Française Libre du Colonel MONCLAR en ERYTHREE.
Avec la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère venue d’Angleterre, et le Bataillon de Marche n° 3 arrivé du Tchad, le « Trois » participe aux combats de KEREN et de MASSAOUA dont la prise, le 8 avril, mettra fin à cette campagne pour les forces françaises.
L'HISTORIQUE DU BATAILLON DU PACIFIQUE
Au cours de la Guerre 1914-1918 – la Grande Guerre – les îles du Pacifique fournirent un contingent de troupes et de marins qui ramenèrent des lauriers et des morts.
La 1ere partie de la dernière guerre- la drôle de guerre – 1939-1940 est passée inaperçue là-bas. Mais la débâcle y fut ressentie comme une catastrophe.
Les vieux pleuraient.
Aussi, lorsque après le ralliement, le Capitaine BROCHE, Commandant des Troupes de TAHITI, puis dans le Pacifique Français, reçut mission de conduire un bataillon vers les terrains de combat, il n'eut pas de difficultés pour rassembler les volontaires, 300 tahitiens et Marquisiens, et 300 Néo-Calédoniens, Néo-Hébridais, Loyaltiens et Wallisiens.
Le 1er mai 1941, les Tahitiens arrivèrent à NOUMEA.
5 mai : embarquement sur le « ZELANDIA » pour SYDNEY.
8 mai : arrivée à Sydney, installation au Camp de Paramatta
Notre armement : les pistolets personnels et...trois guitares, personnelles aussi.
Premiers contacts avec les permissionnaires et les blessés en Libye.
Accueil merveilleux des Australiens, des Kangourous, des Koalabaer, des Cookabara.
Défilé à Sydney avec des armes prêtées par les Australiens.
Veste de Jean Tranape - Départ de Nouméa sur le Zélandia le 5 mai 1941
Encadrement : BROCHE, commandant ; Capitaine ARDANT, son adjoint ; ROLLIN, médecin-commandant ; PODEVIGNE, aumônier ; GUILLAUMET, PERRAUT, HERVE, GIBERT, à la tête de chacune des 4 Compagnies – mais des sous-officiers, bien que réservistes pour la quasi-totalité, de très haute valeur.
Dépôt d'un gerbe au monument de La Pérouse.
27 juin : embarquement à Sydney sur le Queen Elizabeth en convoi avec le Queen Mary et l'Ile-de-France protégé par un escorteur. Vitesse de croisière 22 nœuds – de quoi décourager tout marin.
31 juillet : débarquement à SUEZ et train jusqu'à QASTINA, à 40 km Est de TEL-AVIV.
19 août : départ en train pour DAMAS, via SOUEIDA et le DJEBEL DRUZE.
Reçus dans la nuit par les troupes Françaises avec fanfare, puis installation du camp à CATANA sous les abricotiers.
Le Général DE LARMINAT veut que le bataillon soit prêt pour des opérations, ou pour des manœuvres, pour le 1er octobre.
Il faut mettre les bouchées doubles, mais le B.P.I. sera un Bataillon d'Infanterie Coloniale.
Le 22 septembre, arrivée des aspirants BELLEC et FAVREAU.
Le Bataillon est alors articulé :
1 Compagnie de Commandement
1 peloton de reconnaissance : 8 automitrailleuses, 3 canons de 2 S.
1 Compagnie lourde
1 Compagnie de soutien
1 Compagnie de chars : 13 R 35
Le 8 octobre, mouvement vers ALEP et intégration du Bataillon de la Demi-Brigade du Lieutenant-Colonel DE ROUX
Fin novembre : mouvement sur LATTAQUIE
Mi-décembre : perception de matériel nouveau : véhicules, autos, motos, 75 anti-chars...tout peint en jaune sable
Saint-Sylvestre 1941 : le Bataillon passe la frontière égyptienne.
2 janvier 1942 : mouvement vers les Pyramides puis sur EL DABA.
Apprentissage de la « navigation » dans le désert à la boussole
15 janvier : la Brigade prend position dans le dispositif anglais d'attaque de la falaise d'HALFAYA. Plusieurs bataillons allemands et italiens s'y sont retranchés lors de l'offensive britannique du mois de décembre : bien armés, bien approvisionnés, ils dominent un glacis de plusieurs kilomètres.
Débordant la position, les Anglais ont délivré TOBROUK et atteint EL AGHEILA au fond du golfe de SYRIE. Mais HALFAYA immobilise des troupes et tient la route ALEXANDRIE-DENA-BENGHAZI-TOBROUK. Il faut la faire sauter.
Terrain truffé de mines et d'obstacles – vent de sable.
Préparation d'artillerie pour l'attaque prévue pour le 17 janvier au matin.
Mais une longue colonne d'hommes à découvert descend de la montagne : 6000 prisonniers.
Puis reprise de la marche vers l'Ouest.
Mais l'offensive britannique s'est essoufflée.
L'Afrika-Korps contre attaque à BENGHAZI.
La Brigade, elle, déborde TOBROUK, et croise des Britanniques qui se replient à l'Est.
2 février : à MECHILI, ordre de repli après avoir tout détruit.
Dans la nuit, le Bataillon décroche sous les premiers obus de ROMMEL.
Au jour, bombardements aériens intenses par vagues de 15 à 20 avions avec passages en rase-mottes.
14 février : nouvelle mission : occuper une position de 80 km dans le Sud : BIR HAKEIM, ancien poste italien, puits tari.
Le Général DE LARMINAT et le Général KOENIG exigent le trou, la position individuelle et collective organisée.
De février à mai 1942, longue période de guerre de course harassante, mais enrichissante : guerre de la flibuste sur les océans et de coups de marin autrefois, guerre de patrouilles profondes.
Les trous se creusent pour les hommes, pour les véhicules, pour les armes.
Le GENIE pose des mines.
Chaque unité envoie, à tour de rôle ses « Jock Colonnes », composition habituelle d'une compagnie portée d'une section anti-chars, d'une batterie d'artillerie et éléments de transmissions.
Mission : harceler l'ennemi dans sa zone par des attaques sur les groupes isolés, les convois de ravitaillement, détruire le plus possible, faire des prisonniers.
Du 26 mai au 10 juin, ce fut l'attaque générale de la position de BIR HAKEIM par 3 Divisions italiennes et Allemandes. Cependant le plan britannique était offensif et, le 30 mai, le Lieutenant-Colonel BROCHE reçoit mission d'aller occuper ROTONDA SIGNALI, à 300 km, dans l'Ouest. Il aura à sa disposition, outre le B.P.1, une batterie d'Artillerie, des Antichars, des Transmissions, du Génie.
Le départ a lieu le lendemain avant l'aube, chacun se voyant déjà à TRIPOLI.
Mais un vent de sable terrible arrête la progression. Pendant ce temps, ROMMEL commence à s'énerver autour de BIR HAKEIM et le Groupement BROCHE est rappelé sur sa position.
Le Bataillon du Pacifique s'y illustre. Le Général KOENIG n'eut qu'à se louer du B.P.1.
Le 4 juin, le Général de GAULLE adressait au Haut Commissaire à NOUMEA le télégramme suivant :
« Les volontaires du Pacifique sont actuellement engagés en Libye avec la Division, qui, sous les ordres du Général DE LARMINAT et KOENIG, a repoussé à Bir Hakeim l'attaque de la Division blindée ARIETE et de la 102e Division d'Infanterie Italienne.
Les volontaires du Pacifique, à la pointe du combat, confirment la valeur militaire dont ils avaient fait preuve, au cours des opérations qui ont précédé la bataille et donnent la preuve de leur attachement à la France de ses enfants du Pacifique. »
Le Commandant du Bataillon, le Lieutenant-Colonel Félix BROCHE, son adjoint SAVEY, remplaçant BROCHE, furent tués.
Dans une lettre à sa femme du 31 août 1941, BROCHE écrivait : « Si je ne devais pas revenir, dis à mes fils que leur père a eu raison et qu'ils doivent être fiers de lui ».
D'après François BROCHE,
« Le bataillon des guitaristes ».
Jacques-Réginald Savey (1910-1942)
Chef du BIM et du Bataillon du Pacifique
Né en 1910, ordonné prêtre en 1934, missionnaire dominicain en Syrie, il est mobilisé en 1939 comme lieutenant de réserve et affecté au 2e bureau au commandement supérieur des troupes du Levant.
Hostile à "l'idéologie raciste, totalitaire et païenne" de l'Allemagne nazie, il rallie la France Libre (août 1940).
Chef de section au 1er BIM, il participe à la prise de Bardia, en Libye (janvier 1941), est nommé capitaine, commandant la 3e compagnie du BIM, qui rejoint la BFO en Erythrée (mars 1941).
Blessé en Syrie, il est promu chef de bataillon et commandant du BIM (juillet 1941).
Il est tué lors de l'évacuation de Bir Hakeim dans la nuit du 10 au 11 juin 1942.
L'HISTORIQUE DU
BATAILLON D'INFANTERIE DE MARINE ET DU PACIFIQUE
B.I.M.P.
Jusqu’à la sortie de BIR HAKEIM en juin 1942, 1er B.I.M et B.P. 1 connurent une existence distincte, quoique commune, au sein de la 1ère Brigade. Mais après la dure bataille du siège, suivie de la sortie en force de Bir Hakeim, compte tenu des lourdes pertes que les deus formations avaient subies, dont celles des deux chefs de bataillon - le Lieutenant-Colonel BROCHE et le Commandant SAVEY-, 1er B.I.M et B.P.1 durent fusionner pour constituer le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique : le B.I.M.P.
C’est désormais sous ce sigle que volontaires français de Métropole et du Pacifique prendront part aux campagnes de LIBYE en 1943, de TRIPOLITAINE ET DE TUNISIE.
.
Après la bataille d’EL ALAMEIN, en novembre 1942, tandis que la 1ère Division Française Libre est mystérieusement maintenue en Egypte, le B.I.M.P se voit octroyer le privilège d’accompagner la 8e Armée britannique dans sa poursuite des forces de l’Axe en CYRENAIQUE et en TRIPOLITAINE avec mission d’assurer la protection du Quartier Général du Général MONTGOMERY et de défendre des aérodromes avancés de l’aviation de chasse alliée.
Cette faveur faite au B.I.M.P lui vaudra encore le plaisir d’accueillir à CASTEL BENITO, près de TRIPOLI, les éléments de la Colonne LECLERC arrivant du TCHAD et d’attaquer plus tard avec elle la ligne MARETH pour entrer en TUNISIE.
Rejoint en avril 1943 par le reste de la 1ere D.F.L, le B.I.M.P s’y intègre à nouveau et son périple sera désormais celui de la Division.
Renforcé des engagés d’Afrique du Nord, des évadés de France par l’Espagne et surtout par 250 jeunes corses , le B.I.M.P. part avec le plein de ses effectifs en avril 1944 pour la campagne d’ITALIE sous le commandement du Commandant MAGNY qui tombera le 17 mai 1944 devant SAN GIORGIO à la tête de la 3e Compagnie dont le Capitaine de LABORDE a déjà été tué.
Très sévèrement éprouvé au cours des combats du GARIGLIANO et de TOSCANE, le B.I.M.P débarque en PROVENCE en août 1944 avec ses effectifs réduits d’un tiers mais dans la plénitude de ses forces morales qu’exalte le contact avec le sol de la mère patrie où Calédoniens, Tahitiens et Canaques abordent pour la première fois de sa jeune existence, tandis que les anciens du 1er B.I.M. retrouvent la France après cinq ans d’absence.
Cette ardeur conduit le Bataillon à des succès méritoires mais accentue encore les vides dans ses rangs ; ce sont plus de 300 volontaires qu’il faut enrôler pour combler les pertes d’Italie et de Provence.
Le département du Var, les villes de Nîmes et de Lyon ont tôt fait d’y pourvoir : maquisards du Haut Var, chantiers de jeunesse du Paradou, réfractaires et F.F.I du Gard, collégiens lyonnais s’engagent d’enthousiasme.
Malgré leur inexpérience, cause de lourdes pertes, ces hommes de tous âges égaleront très vite les vétérans de Libye et d’Italie qui surent, en quelques semaines, leur insuffler l’esprit et la volonté de deux dont ils prennent la place dans les rangs du B.I.M.P.
Mais en novembre, les rigueurs du climat métropolitain obligent le commandement à envisager la relève des 275 Calédoniens, Tahitiens et Canaques rescapés des combats qui forment encore le noyau de la 1ere Compagnie et une importante partie des unités de commandement et d’accompagnement.
Afin de conserver au Bataillon le souvenir de ces vaillants et valeureux compagnons, la formation qu’ils quittent gardera l’appellation du Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique jusqu’à sa démobilisation.
Pour combler partiellement le vide provoqué par le départ des « Gars du Pacifique », le maquis Le COZ d’Indre et Loire est affecté au B.I.M.P. mais ses 70 garçons constituent à peine le quart des besoins.
Aussi est ce par sergent recruteur et d’instruction que le Bataillon complètera ses effectifs : ainsi un élément de recrutement et d’instruction est implanté à CHALONS SUR SAONE avec quelques gradés blessés et encore mal guéris : des sous-officiers sont dépêchés dans le Nord de la France et en Bretagne où, débauchant quelques F.F.I insatisfaits de la pauvreté et de l’inaction de leur formation, ralliant quelques bonnes volontés désireuses de se rendre utiles, ils ramèneront des camions qui constitueront un apport précieux en ces temps de pénurie.
Excellent recrutement qui se fera rapidement apprécier pendant la campagne d’Alsace.
C’est cet amalgame de vétérans coloniaux parmi lesquels de nombreux français de couleur : citoyens du Sénégal, des Antilles ou des Indes, de maquisards corses, varois, tourangeaux enrégimentés, de collégiens et d’apprentis lyonnais en rupture d’enseignement, de F.T.P de Nîmes, de F.F.I de Valenciennes et de Bretagne, qui livrera dans les Alpes Maritimes du 11 au 17 avril 1945, contre les chasseurs bavarois et les fortifications de l’AUTHION, l’une des plus meurtrières batailles du Bataillon.
En 48 heures, le Pic de l’AUTHION, culminant à 2080 mètres, le Camp des Cabanes vieilles, la redoute des Trois Communes seront enlevés et conservés ; mais 147 hommes paieront de leur sang et pour 52 d’entre eux de leur vie, ce succès digne des anciens de Bir-Hakeim dont quelques un ont trouvé la mort dans ce dernier combat après cinq années de guerre.
Tel fut le sort du Caporal PECRO, enfant de l’Assistance, décoré de la Médaille militaire Française et de la Military Medal Britannique pour son exploit de pointeur au canon de 75 anti-char à Bir Hakeim où il détruisit cinq chars ennemis au cours d’une même attaque : ces décorations lui avaient valu à titre permanent la place d’honneur à la garde du Drapeau.
A défaut de ce fanion, c’est le calot du Caporal PECRO, présenté au Général DE GAULLE par le Commandant MAGENDIE, qui avait reçu, le 10 avril 1945, à NICE, la Croix de la Libération destinée au Bataillon :
« Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique »
Nous vous reconnaissons comme notre Compagnon
Pour la Libération de la France
Dans l’honneur et par la victoire
En Septembre 1945 le BIMP est à la Tour Maubourg. Le Général de Gaulle les passe en revue avec le Capitaine Hervé, Compagnon de la Libération, (BP1 et BIMP).
Au défilé sur les Champs Elysées, on reconnait Jean TRANAPE qui porte le fanion du B.I.M.P
1946, le Bataillon du Pacifique après s'être vaillamment battu en Afrique du Nord puis dans le Sud de la France, rentre au pays. Embarqué sur le Sagittaire avec la troupe, Charles Hollande filme ce voyage avec sa caméra 16. L'arrivée à Tahiti est émouvante. Tout Tahiti est venue saluer ses enfants soldats partis il y a plus de 5 ans.
EN SAVOIR PLUS....
- Zoom : L'Espoir ne meurt jamais, Historique du BIM par Raphaël FOLLIOT
Rubrique En route avec la DFL : l'Authion
- Zoom : L'Authion, signification d'un sacrifice par le général Magendie
Grandes Figures du BIM-BP-BIMP
Rubrique 1 de la DFL :
- le témoignage de Jean TRANAPE, Compagnon de la Libération, ancien du Bataillon du Pacifiquet et du B.I.M.P
- In Memoriam Pierre Delsol par le Général Magendie
- la présentation du livre "Jacques Bardet (BIM-P), français libre à en mourir". Editions Italiques
- Un entretien avec John Martin (BIMP) et le commentaire qu'il délivre sur le film de Charles Hollande, "le retour du Bataillon du Pacifique"
- Les Mémoires de Louis Côme (BIM-P)
-
Hommage du général Magendie à trois combattants du BIMP Morts pour la France à l'Authion : Jacques DUCHENE, Yves PLONEIS et Marcel VILLEMIN
L'Invitée du Mois
-
Yvette Quelen-Buttin " de retour de Nouméa"
BIBLIOGRAPHIE (d'après Laurent Laloup )
- Le neuvième compagnon - Georges Fleury - Grasset - 1990
- Quand ronchonnait le tambour de guerre - Jean Fauvet - France-Régions - 1990
- Le Bataillon des guitaristes - François Broche - Fayard - 1970
- L'oiseau n'a plus d'ailes...-Peter Schwiefert - NRF - 1974
- A bras le coeur - Roger Barberot - Robert Laffont - 1972
- Jacques Savey, Dominicain, héros de Bir Hakeim - édition du cerf - 1950
- Revue Historique des Armées - N°4-1973 - Une page d'Histoire - 1973
- Revue Historique des Armées - N°3-1976 - La Polynésie française - 1976
- Paul Poggionovo
- Témoignages 1940-1945 - A. Pivette
- De la défaite à la victoire avec les Française libres - Pierre Delsol - Compte d'auteur -
- L'espoir ne meurt jamais - Raphaël Folliot - 1972
- Les carnets de route d'un combattant du bataillon du Pacifique - Roger Ludeau - 1946
- Septembre 1940, France libre, le ralliement des établissements français d'Océanie au général de Gaulle - Henri Weill - Lavauzelle - 2002
- Les révoltés de l'honneur - Benjamin Favreau - ?-?
- Trente calots bleus à liseré rouge du Ier B.I.M. - Roger Malfette -Malfette - 1996
- Revue Historique des Armées - N°81 - Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique, 1940-1945 - Le Goyet - 1965
- Les premiers pas du B.I.M Extrait de la Revue de la France Libre, n° 29, juin 1950.
LIENS EXTERNES
- L’épopée du Bataillon du Pacifique sur le site de l'Assemblée de la Polynésie française
- Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique, une unité combattante à Bir-Hakeim
- Dossier sur "Le Bataillon des Guitaristes" réalisé par des élèves de 3e et diffusé sur le site pédagogique ITEREVA
