MANISCALCO Antoine

31/03/1924

Grade : 1c

Unité : Transm/BIM/4e Brigade

 

Français Libre

 

À propos

Ralliement : tunisie (mai-43)

 

Écrits

Certificat d’études au collège Allaoui
Sport, un peu de rugby au stade Gaulois
J’ai été scout aux éclaireurs de France, jusqu’en 1942

En 1939 j’ai 15 ans ; au collège je suis un peu instable, en 1940 et1941 j’ai souvent été mis à la porte, sans doute à cause de mon mauvais caractère.

Dans ces mêmes périodes, je fais souvent le coup de poing contre les Arabes et les Italiens ! en 1942, indésirable à l’école.

En mars 1942 j’assiste aux bombardements sur Tunis (2 mars)

Dans le même temps des gens de Bizerte viennent s’installer au lycée Carnot, à cause, encore, des bombardements.

Avec d’autres camarades nous cachons des prisonniers Anglais évadés ; dans une école du nom Le Bardo En tout il y a eu environ 1 500 prisonniers que nous avons cachés et qui sont repartis par une autre filière.

Nous faisions des tunnels à la barbe des allemands (début 1943) pour s’évader.

Personnellement j’ai aidé un colonel (Anglais) à s’échapper, il m’a dit you are very crazy but very lucky.

Entre temps avec la femme de l’amiral, nous regardions à l’amirauté , car il y avait une cache, ou des documents donnaient la position des navires, avec les dates au port de Bizerte.

Puis, vient la chasse aux sorcières organisée par les allemands, contre les gens qui cherchaient des renseignements.

A cette époque on m’a caché dans une ferme, au sud de Tunis, jusqu’en mai 43, à Grombalia car j’étais un peu ‘ grillé ‘.

A coté de cette ferme, la DCA Allemande s’était installée et avait descendu de nombreux avions alliés.

Nous sommes libérés, de notre cache, par des troupes anglaises qui avaient ordre de nous emmener à des troupes combattantes françaises.

Je suis donc arrivé à la 1e DFL , mais ils me croyaient trop jeune, car je n’étais pas très costaud, alors ils m’ont fichu dehors ! !

J’ai attendu mon père, qui connaissait un commissaire, nous sommes allés voir le Capitaine Huette, de la DFL, le commissaire à présenté le registre des naissances pour prouver que j’avais bien l’âge requis. Et le lendemain matin je partais à Kairouan (mai 43) ; puis en camion, en longeant la côte j’arrive en tripolitaine, au bout de 3 jours.

Là je rentre dans l’instruction divisionnaire et comme j’avais été chez les scouts on se donnait les positons des uns et des autres, à coups de sifflet en morse. Je retrouve mon ancien chef scout : le Lieutenant Talavera.

Premiers entrainements, 40 kms, ou je prends le sac d’un camarade, qui n’en pouvait plus.

Ici je rencontre pour la 1e fois Saint Hillier qui était capitaine !

Là je leur prouve que je sais faire du morse, avec un autre camarade on s’échange des phrases au sifflet.

Nous sommes automatiquement mis dans un régiment de transmissions, commandé par l’adjudant Leroy, qui nous apprend à nous servir des manipulateurs.

Je sors 1e du bataillon.

Bien sûr nous ne faisions que du morse et, de se servir des postes radios. A la sortie de l’instruction, je voulais aller dans les paras, me battre, quoi !

Je signale que ma famille était d’accord avec mon engagement.

Une parenthèse ; mon père qui était à la CFT, était parti de Tunisie pour l’Algérie avec des locos, pour que les Allemands ne puissent avoir ce matériel.

L’entrainement à la DFL à duré tout l’hiver 43/44

Je suis ensuite détaché au BIM, Lieutenant Malfette, puis à la 4e brigade (Colonel Raynal) ou j’étais son radio, jusqu’au débarquement à Cavalaire.

L‘ITALIE

Embarquement à Byzerte.

A Naples débarquement, puis direction Averso.

Je suis avec le Colonel RAYNAL (surnom Rabastens)

On est au QG de la 4e Brigade ; J’ai un poste radio et avec le Colonel on fait des patrouilles. Puis il me détache avec le lieutenant MALFETTE.

Là il m’est arrivé une histoire ou la chance est de la partie.

C’était dans ces endroits que les combats, à mon avis, furent peut être les plus durs, je me fais tirer dessus, je vois les balles passer autour de moi, je me jette en arrière je m’assomme et perd connaissance, le lieutenant MALFETTE croit que je suis mort, et ramasse armes et matériels.

Je me relève au bout d’un certain temps, je ne sais combien, je balance des grenades, car je n’ai plus que çà, quand je trouve des fortins, et je retrouve mes armes de retour à ma compagnie.

Plus tard on attaque dans la région du mont Cassin. Ensuite repli et retour à la Cie avec le Col RAYNAL.

Puis nous montons et rentrons dans ROME.

Je me rappelle que le général JUIN menaçait de repartir en Afrique si nous n’avions pas le droit de défiler.

Nous redescendons sur Averso et Tarente , avant l’embarquement, ici nous dormons sous les tentes.

Je faisais la classe à des Africains, qui eux, avaient de nombreuses querelles avec les Italiens. Le général BROSSET me demande de les distraire pour les occuper et éviter ainsi les confrontations.

Il me donne de l’argent, pour faire des soirées Tam-Tam, et le distribuer à ceux qui dansaient le mieux, c’est ainsi qu’ils m’ont appelé grand chef Tam-Tam.

EMBARQUEMENT

A Tarente avec hommes et matériel, le 7-8 aout, attente, et enfin la mer le 13.

DEBARQUEMENT À CAVALAIRE

La première chose que j’ai faite, c’est ramasser 3 petits cailloux, sur la plage.

A Hyères, méfiance, les Allemands nous tiraient dessus depuis les toits des maisons et en traversant les villages de la côte les populations me paraissaient ‘apathiques’.

Dans un village, j’ai retrouvé une fille qui était presque nue, car la résistance l’accusait de collaboration avec l’ennemi, je l’ai habillée et l’ai ramenée chez ses parents qui étaient à Hyères. Après vérifications, ces accusations étaient fausses, c’était un petit chef de la résistance qui avait des ‘vues’ sur elle et qui, elle, l’avait éconduit.

Ensuite nous remontons le Rhône, mais les problèmes commençaient à arriver, car l’avance était rapide et l’intendance suivait difficilement. Résultat : rationnement en essence.

Passé LYON, nous filons sur la Bourgogne, ou nous faisons la jonction avec la 2e DB à Nod s/seine où il ya maintenant un monument commémoratif.

Une petite anecdote, un jour où nous faisions l’anniversaire de cette rencontre, j’ai retrouvé un camarade qui avait fait l’école radio avec moi, et qui était, maintenant, porte drapeau de la 2e DB.

Nous filons sur les Vosges et rentrons en Alsace.

Puis, nous recevons l’ordre de partir sur Royan, où à peine arrivé, à noël on repart dans l’autre sens, mais vers Auxerre je tombe malade et passe une nuit à l’hôpital.

Auparavant, j’avais réussi à réquisitionner 25 kg de pain en mettant des (faux) galons de lieutenant.

Arrivé sur Strasbourg, j’apprends que nous devons prendre la place de la 2e DB, c’est dans ces moments que 2 estafettes, des messagers, se sont faits tuer, ils faisaient la navette entre les différents PC de LECLERC et RAYNAL. On demande des volontaires pour aller au PC LECLERC pour remplacer des radios, et j’y vais.

Puis retour au PC RAYNAL . Je le suis partout ou il inspecte les positions des différents bataillons. (4e Brigade)

A un moment, je devais aller remplacer des radios qui avaient été tués, au BM 24, nous partons et au moment de franchir l’Ill, le pont a sauté, impossible d’aller plus loin, demi tour, sinon tué, blessé, prisonnier ?.. Le hasard a fait la différence !!

La guerre se poursuit dans le froid, jusqu’ en mars 45.

Je me rappelle aussi, que nous avons eu beaucoup de pertes, avec les mines.

APRES L’ALSACE

Nous redescendons la vallée du Rhône avec la jeep. Sur la route, je trouve à la préfecture de Nîmes des objets et outils qui servaient à torturer les résistants, j’ai donné le tout a un musée.

L’AUTHION

J’arrive et reste à l’ hôtel du golf à Golf juan.

Quelquefois nous remontions sur l’Authion pour faire des liaisons radio et ensuite nous redescendions vers Monte-carlo. Mais quand nous dormions sur place, il fallait faire très attention au terrain miné, car de nombreux gars ont sauté, avec toutes les conséquences que cela engendre.

Un jour, que j’étais redescendu sur Beau soleil à côté de Monte-carlo, habillé en combattant et, peut être, pas très propre, je vais au théâtre voir l’Aiglon, et je me fais engueuler, parce que j’étais en retard, par le portier, et je menace de tout faire sauter, car j’avais des grenades sur moi.

J’apprends la fin de la guerre dans la banlieue de Nice.

A cet endroit il y avait un camp ou les allemands regroupaient les résistants avant de les interroger et, sans doute les fusiller. Un des résistants avait écrit avec son sang, sur un mur, un adieu à sa mère.

Par le train, direction PARIS, à l’arrivée je me rappelle avoir cassé la croute, avec le plaisir de la liberté, dans un petit bistro, à côté de la gare de lyon.

Puis cantonnement à Chelles en Seine et marne, jusqu’à ma démobilisation le 26/8/1945.

Je retourne chez moi, en Tunisie, 4 rue du Caire à Tunis.

En décembre 45 je suis embauché à la poste, central téléphonique.

Reprise du scoutisme et du rugby.

Je passe le concours pour l’aviation civile en 1948. J’y resterai jusqu’en avril 1979.

Radiogoniométrie à GAFSA de 49 à 50.

A Tunis, initiation aux procédures d’atterrissages et navigation au QDM (gonio)

Je fais du vol à voile avec des stages dans les centres nationaux (Montagne noire, Revel)

1958 mutation à Paris Orly à l’école nationale d’aviation civile (SDI, simulateur de vol)

Chef du bureau technique

J’ai mon brevet de pilote privé.

Je suis instructeur adjoint pour les pilotes d’avion.

Au CNAM mathématiques préparatoires et générales.

Certificat général d’aéronautique.

En 1968 délocalisation de l’ENAC à Toulouse.

Instructeur de navigation en vol et Président du CASENAC Pendant 7 ans

Puis vient la mise à la retraite en 79 au mois d’avril.

En 1982, je suis porte drapeau de la France Libre à Toulouse.

Hospitalier et commissaire à Lourdes.

En 1990 porte drapeau de la 1e DFL, et en 2004 commissaire de la flamme sous L’Arc de Triomphe.

Je peux dire que mes relations ont toujours été bonnes avec ma hiérarchie, que je n’ai jamais eu de difficulté au sein du régiment, et mes engagements, dans tous les domaines, qu’ils soient politiques ou professionnels sont faits uniquement sur les valeurs morales.