CHARMOT (Méd) Guy

09/10/1914

Grade : capitaine

Unité : BM 4/Méd

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Grand Officier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Médaille Commémorative de la Guerre 1939-1945
  • Médaille Commémorative de la Campagne d’Italie
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec 4 citations
  • Chevalier des Palmes Académiques
  • Chevalier de la Santé Publique
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Somalis"
  • Officier de l’Étoile Noire (Bénin)
 

À propos

Lieu de naissance : Toulon

Profession : militaire

Ralliement : (août-40)

Lien compagnons

 

Écrits

Guy CHARMOT est né le 9 octobre 1914 à Toulon dans une famille de fonctionnaires. Il entre en 1934 à l’École du service de santé militaire à Lyon et se trouve en 1939 médecin lieutenant d’active au 49e régiment d’artillerie coloniale (49e RAC) dans le secteur de la Sarre.

Embarqué en mars 1940 pour la Haute-Volta (Burkina-Faso actuel), il passe en Gold Coast (Ghana actuel) au début de juillet 1940 puis au Cameroun où il rallie les Forces françaises libres en septembre. Affecté comme médecin au bataillon de marche n°4 dès sa formation, il part avec lui du Cameroun en décembre 1940 pour rejoindre en Palestine la 1e brigade colo niale. Guy Charmot prend part à la campagne de Syrie en juin 1941 avec le BM 4, qui combat ensuite en Éthiopie avant de stationner au Liban pendant l’année 1942. En janvier 1943, le bataillon rejoint en Libye les rangs de la 2e brigade française libre de la 1e DFL. Guy Charmot participe aux combats de Tunisie et, en mai 1944 en Italie, il pousse au plus loin ses postes de secours et sauve ainsi plusieurs de ses camarades de combat grâce à la rapidité de ses interventions sur la ligne de feu. Il débarque en Provence avec la 1e Division française libre en août 1944 et est blessé lors des combats pour la libération de Toulon. Il prend part ensuite à la campagne de France jusqu’en 1945. Médecin capitaine à la fin de la guerre, il devient médecin des hôpitaux d’outre-mer et professeur agrégé du service de santé des armées, effectuant de nombreux séjours en Afrique jusqu’en 1966. Guy Charmot démissionne avec le grade de médecin colonel pour entrer au service de recherches thérapeutiques de Rhône-Poulenc. Il participe en outre à la rédaction de plusieurs ouvrages médicaux et à trois cents publications scientifiques. Commandeur de la Légion d’honneur, il est Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944.

Source : Les Compagnons de la Libération. Résister à 20 ans. Henri Weill. Editions Privat

GUY CHARMOT A PARTICIPÉ À LA FRANCE LIBRE. IL EST L’UN DES COMPAGNONS DE LA LIBÉRATION, PROCHE DU GÉNÉRAL DE GAULLE. LE JOUR ANNIVERSAIRE DE L’APPEL DU 18 JUIN EN 2010, IL TÉMOIGNAIT POUR FRANCE 3 (VIDEO NON ACCESSIBLE)

"Toulonnais, j’ai très jeune été attiré par une carrière dans le service de santé des troupes coloniales, en raison surtout de son activité d’assistance médicale aux populations. Après ma sortie de l’école de Lyon et mon stage en 1939 à l’école d’application du Pharo, je me suis trouvé à Batié dans le nord-est de la Côte-d’Ivoire, je devais remplacer mon futur Compagnon Orsini dans la chasse aux trypanosomes.

Pour la quinzaine de Français du cercle, l’effondrement rapide de l’armée française et l’armistice ont été une douloureuse crise. Très vite, d’un commun accord, nous avons presque tous décidé, d’une part, de refuser cette humiliante capitulation et, d’autre part. de continuer auprès des Anglais la lutte contre l’Allemagne, d’ailleurs sans avoir entendu l’appel du général de Gaulle. On pourrait percevoir dans cette décision rapide le rôle des émotions dans les prises de décision.

Nous sommes passés en Gold Coast, début juillet 1940, et deux mois plus tard nous avons rejoint le Cameroun qui, sous l’impulsion décisive de Leclerc, venait de se rallier à de Gaulle. J’ai été affecté au 4e bataillon de marche (BM4) en formation à Douala, dont je devais faire toutes les campagnes.

Après la Syrie et quelques mois d’opérations en Éthiopie, puis un séjour au Liban, nous avons rejoint avec enthousiasme la 1e division française libre dans le WD (Western Desert).

On connaît l’épopée de cette unité de volontaires, dont la plupart des médecins appartenait aux troupes coloniales : la Libye et la Tunisie contre l’Afrikakorps de Rommel, puis l’Italie avec ses combats si meurtriers et où l’ardeur du Corps expéditionnaire français, toujours en pointe, a rompu les défenses de la ligne Gustav.

Puis ce fut le débarquement à Cavalaire, dans la soirée du 16 août 1944, et la campagne de France, avec de durs combats dans les Vosges et en Alsace, pour terminer sur la frontière italienne. J’avais été légèrement blessé devant Toulon.

Ainsi, cas sans doute unique pour un médecin, j’ai fait cinq ans de guerre dans le même bataillon, c’est-à-dire dans un poste relativement exposé : les pertes du BM4 ont été de huit cent cinquante tués et blessés.

Je tiens à témoigner, en particulier, de la bravoure des Africains qui ont formé les deux tiers ou les trois quarts de l’effectif du BM4 jusqu’à leur relève en octobre 1944, et J’ai été le témoin oculaire de leur courage sous le feu de l’ennemi.

Pour moi, deux souvenirs restent particulièrement marquants cette matinée ensoleillée de juin 1944 en Italie où, sur le front des troupes, seul du BM4, j’ai reçu la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle, et le soir du Débarquement où j’ai retrouvé l’odeur des pins de mon enfance. Le but de mon engagement pour la libération de la France était atteint.

L’époque des événements ci-dessus est écoulée depuis longtemps et le monde évolue avec une accélération digne de celle de l’expansion de l’univers. De grandes valeurs doivent persister comme l’honneur et le patriotisme.

De son côté, le service de santé des armées continue de se caractériser par son aptitude à secourir les populations dans des conditions souvent difficiles. Il le fait grâce à ces capacités d’adaptation et d’anticipation qui ont toujours été sa marque distinctive, qualités que l’on retrouve dans les travaux de recherche du service dans la médecine tropicale, à laquelle j’ai consacré toute ma carrière.

Le jour même de l’armistice, j’ai signé ma demande de départ colonial, impatient de retrouver ma vocation de servir dans le cadre de l’assistance médicale indigène, tout d’abord en brousse. Puis ce fut la voie des concours, une autre vie.

Cet engagement dans la France Libre a été pour moi un intermède dont j’ai la faiblesse d’éprouver en mon for intérieur quelque fierté.

Je n’en parle jamais, même si j’y pense encore souvent".

Guy Charmot

Entretien pour le livre d’Henri Weill, Les Compagnons de la Libération, résister à vingt ans.

Élevé a la dignité de Grand Officier

Le 15 février 2014, le Professeur Guy Charmot, bientôt centenaire, a reçu au cours d’une cérémonie privée, les insignes de Grand Officier de la Légion d’Honneur, des mains de son compagnon d’armes, le Colonel (H) Pierre Robédat.

En juillet 1940, après la drôle de guerre , le médecin lieutenant G. Charmot est affecté en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina-Faso), d’où, avec des camarades officiers et sous-officiers, il rejoint au Cameroun, la France Combattante du Général de Gaulle, via la Gold-Coast anglaise.

Dès lors, médecin du Bataillon de Marche n°4 (BM4) en cours de formation, il va participer à la totalité du périple de la France Libre : Ralliement du Cameroun et du Gabon, mise sur pied définitive du BM4 au Tchad de décembre 1940 à mars 1941. Puis, il sillonne les pistes du désert à travers le Tchad, le Soudan Anglo-Egyptien et l’Egypte, et arrive en Palestine, fin mai 1941. Après la triste campagne de Syrie, le BM4 qui a subi des pertes importantes, part pour l’Ethiopie fin juillet 1941. Il libère Gondar en décembre, puis rentre au Liban en avril 1942. Il prend part ensuite à la campagne de Libye de janvier à avril 1943, à la campagne de Tunisie d’avril à mai 1943, à la campagne d’Italie d’avril à juin 1944, et à la campagne de France d’août 1944 à mai 1945, participant aux combats de Hyères, Toulon, dans les Vosges, devant Belfort, en Alsace et dans les Alpes.

Toujours au centre des combats, toujours payant de sa personne, le médecin-capitaine Guy Charmot doit à son courage d’être parmi les deux premiers officiers du BM4 à être faits Compagnon de la Libération. Après l’armistice de mai 1945, sa valeur et ses qualités humaines le mettent sur la voie royale des hôpitaux et de l’agrégation. Grand spécialiste des maladies tropicales, il dirige des campagnes de prévention dans plusieurs colonies.

Le médecin-colonel Charmot quitte l’Armée en 1965 et entame une carrière de haut niveau chez Rhône-Poulenc. Il enseigne aussi à l’Institut de Médecine et d’Epidémiologie tropicale puis est nommé membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer.

Telle est la brillantissime carrière d’un médecin des Troupes de Marine, modèle de courage dans les combats, à la pointe de la médecine tropicale puis de la recherche nationale. Dans le langage de ses compagnons d’armes : "Bravo Toubib !"

Colonel (H) Pierre Robédat Ancien du BM4, Grand Officier de la Légion d’Honneur

Son Témoignage

L’amicale de la 1e DFL est heureuse de communiquer un texte écrit par notre camarade le Professeur Guy Charmot, aujourd’hui âgé de 101 ans.

Authentique Français Libre de juin 1940, il a participé à toute l’épopée de la 1e DFL comme médecin du B M et a été parmi les premiers à être fait Compagnon de la Libération par le Gal de Gaulle. Titulaire de 4 citations, dont une à l’ordre de l’Armée, il a été élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur.

En tant que son ancien compagnon d’armes au B M 4, je suis fier de maintenir le contact et lui adresse au nom des Anciens de la 1e DFL, nos très chaleureuses félicitations.

Col (h) P- Robédat
Président de l’ADFL

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charmot_temoignage-64207.pdf

 

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