BUTTIN Jean

06/03/1910 - 22/05/1993

Grade : commandant

Unité : BM 5/BM 4

 

Français Libre

 

À propos

Lieu de naissance : Aurillac

Profession : militaire

Ralliement : AEF (août 1940)

Date de décès : 22/05/1993

 

Écrits

IN MEMORIAM

Les obsèques du Colonel Jean BUTTIN ont été célébrées le 1e juin 1993 en la chapelle de l’Ecole Militaire en présence du Général SIMON, Chancelier de l’Ordre de la Libération, Président de l’AFL et de Madame SIMON, du Général SAINT HILLIER, Président de l’Amicale de la 1e DFL et de Madame SAINT HILLIER, des Généraux LE HENAFF, DUBOIS et HAUTEFEUILLE et de nombreux Anciens de la 1e DFL.

Les drapeaux de l’Amicale de la 1e DFL et de la Section AFL de Paris Sud rendaient les honneurs.

Le Général SAINT HILLIER a prononcé l’éloge funèbre suivant :

COLONEL JEAN BUTTIN

Madame,

Entourée de vos enfants, de votre famille et vous, mes amis de la Première Division Française Libre, nous sommes réunis dans la chapelle de l’Ecole Militaire pour rendre un dernier hommage au Colonel Jean BUTTIN.

Dans la glorieuse épopée vécue par notre Division, le Colonel BUTTIN occupe une place qui honore son arme, l’Infanterie de Marine, à laquelle il consacra 39 années de sa vie.

Fils d’officier, il est lui-même attiré très jeune par la vocation militaire et s’engage à l’âge de 18 ans. Admis à l’Ecole Militaire de l’Infanterie et des chars de combat en 1931, il en sort sous-lieutenant au 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois.

Durant quatre ans, il connaît le délicat, l’imprévisible, l’enchantement du Tonkin, province française d’Asie, mais par-dessus tout. II est conquis par la touchante gentillesse, le courage et la sympathie communicative des hommes qui servent sous ses ordres. Chef de poste sur la frontière de Chine, il ramène le calme parmi la population civile en combattant à plusieurs reprises des bandes de pirates qui entretiennent l’insécurité.

Désormais. Il saura toujours dans son commandement consacrer à ses soldats un dévouement et un entrain inlassable qui, joints à des qualités de courage et d’Initiative, sont la marque des vrais chefs. Toutes les citations qu’il méritera par la suite soulignent d’ailleurs le prestige qu’il en tire et les succès qui en résultent.

Lorsqu’on septembre 1939 la guerre est déclarée, le lieutenant BUTTIN sert au Gabon ; dès Juin 1940, II opte sans hésitation pour la France Libre et participe alors au ralliement du Gabon.

Promu capitaine et affecté au Bataillon de Marche n°5, il traverse avec lui l’Afrique d’ouest en est, par le Tchad, l’Oubangui, le Congo Belge, le Soudan, l’Egypte et gagne la Palestine. Il prend part aux opérations dans le désert de Libye, puis en Tunisie où iI est l’objet d’une très belle citation.

Nommé Chef de Bataillon, Il est choisi en raison de ses grandes qualités pour suivre le stage de formation d’officier d’Etat-Major.

En juillet 1944, le Général BROSSET, qui connaît son ascendant sur la troupe, fait appel à lui pour remplacer le Commandant FOUGERAT, tué à la tête du BM 4 au cours des durs combats de BOLSENA lors de la campagne d’Italie.

La Division débarque sur le sol de France ; moment tant attendu, le Commandant BUTTIN mène victorieusement son bataillon à Hyères et à Toulon, malgré de lourdes pertes.

Après la prise de Lyon, les maquis sortent de "l’ombre" ; l’un d’eux, le maquis de Chambarand demande à combattre dans les rangs du BM 4 à la "lumière" ( Livre de Pierre Deveaux - L’Ombre et la Lumière", le Bataillon des Chambarand ). Ces maquisards furent les premiers à reprendre la lutte en 1941 ; Ils ont à leur actif de nombreux coups de mains contre les convois allemands, le sauvetage des rescapés du Vercors et entrent les premiers dans Lyon le 2 septembre 1944. Le Général de GAULLE vient lui-même décorer leur fanion de la Croix de Guerre avec palme. Le Commandant MARIOTTE, qui les commande, devient l’adjoint de BUTTIN.

Ensemble, tous unis, fiers de porter la Croix de Lorraine, les Français Libres, les maquisards, les recrues venues de toute la France vont participer au combat :

► dans la percée des Vosges à Lyoffans, Andornay, sous la pluie dans la bataille de Belfort à la conquête de Giromagny, dans les campagnes d’Alsace où, par un froid glacial, le bataillon concourt à la défaite finale de l’ennemi.

La campagne de France prend fin, dans les Alpes, le BM 4 mérite une belle citation qui se termine ainsi : "Magnifique unité dont l’esprit d’abnégation et l’allant se mesurent au sacrifice de ses 800 morts et blessés".

Le Commandant BUTTIN reçoit la Légion d’Honneur, il est titulaire de cinq citations.

La guerre à peine terminée, il est volontaire pour servir en Indochine.

Magnifique entraîneur d’hommes, le Lieutenant-Colonel BUTTIN gagne au cours d’un séjour de quatre années quatre nouvelles citations qui soulignent ses qualités d’initiative, de courage et de sang-froid.

Après avoir servi trois ans en Afrique Equatoriale Française, il participe quelques mois en 1958 à la guerre d’Algérie, puis regagne enfin la France où il termine sa carrière comme Colonel, après vingt-et-un ans de campagnes, iI est Commandeur de la Légion d’Honneur.

Jusqu’à la fin de sa vie. il a manifesté sa fierté d’avoir rempli sa mission au cours de toute une carrière d’officier et d’avoir bien servi la France.

Chère Madame, avec vos enfants, vous avez su, au cours de ses dernières années, adoucir ses épreuves et lui apporter la joie : sachez que vous appartenez à la grande famille qui forme l’Amicale de la DFL.

Bir Hakim l’Authion n°149 Juillet 1993

Le Commandant BUTTIN en tête du défilé du 8 mai 1945 à Antibes