BOUVIER Léon

28/09/1924 - 22/07/2005

Grade : sous lieutenant

Unité : TRAIN -101 ca

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Grand Croix de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Médaille Militaire
  • Médaille de la Résistance avec rosette
  • Médaille des Blessés
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Libye"
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Bir-Hakeim"
  • Croix du Combattant Volontaire 1939-1945
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec palme
  • Médaille Coloniale avec agrafe "Syrie"
  • Military Cross (GB)
  • Officier du Cèdre (Liban)
  • Grand Croix de l’Ordre National du Paraguay
  • Grand Croix de l’Ordre "Al Orden Merito" (Chili)
  • Grand Croix de l’Ordre du Dannebrog (Danemark)
  • Officier de l’Ordre de la Rose Blanche (Finlande)
 

À propos

Lieu de naissance : Vesme

Profession : etudiant scolaire

Ralliement : égypte (juil.-40)

Lien compagnons

Date de décès : 22/07/2005

 

Écrits

Traduction d’un article paru dans le "Courrier Australien"du 3 septembre 1943

Source : ICARE n°101 - 1982. Bir Hakeim Tome 2 

Le sous-officier Bouvier, ancien de Bir-Hakeim et le plus jeune Compagnon de la Libération, a seulement 18 ans, et cependant l’histoire de ce jeune homme héroïque est l’une des plus belles actions des Francais libres.

Quand vint la guerre, Bouvier avait 15 ans. Il venait tout juste de perdre sa mère à Paris, et puisque son père travaillait dans l’industrie textile en Pologne, il était allé le rejoindre dès le mois d’août 1939. C’est ainsi que la guerre le surprit le 1e septembre quand Varsovie fut bombardée à 7 heures du matin.

Comme la plupart des Polonais, Bouvier ne pensait pas que ce fut la guerre et imagina qu’il s’agissait d’un exercice de défense passive ; il monta sur le toit de son immeuble pour mieux voir le spectacle. Lorsqu’il réalisa qu’il s’agissait réellement d’un bombardement par les avions allemands, il décida de rester sur son toit, car de toutes façons, il n’y avait pas d’abris prévus dans les sous-sols de Varsovie. Son père, qui avait été tué au cours d’un raid quelque temps plus tard, avait insisté pour que Bouvier quitte Varsovie, et le 8 septembre il traversa le dernier pont encore utilisable sur la Vistule et fut ramassé par un camion militaire allemand, conduit par un Autrichien qui le transporta 50 kilomètres plus loin en direction de la Roumanie. De là, il se rendit à pied à Lwow où, pour subsister, il vendit pendant huit mois des journaux russes : La Pravda et les Izvestia. Il avait dans l’idée de tenter d’obtenir un passeport afin de retourner en France par la Roumanie. Ensuite il se retrouva à Bucarest, puis en Turquie et enfin en Egypte où il fit des démarches pour devenir soldat français. Mais quand le général Catroux découvrit que Bouvier n’avait que 16 ans, il voulut le remettre en classe au Lycée français du Caire.

Secrétaire du général Koenig

Un jour Bouvier se rendit en Palestine et fut accepté dans les Forces Aériennes Françaises libres. Il espérait bien devenir pilote, mais du fait de son âge et aussi parce qu’il parlait parfaitement l’anglais, on lui fit suivre un cours d’interprète. Plus tard, à Alep, il eut l’occasion de rencontrer le général Koenig et le supplia de lui confier une action plus active. Koenig accepta de le prendre dans sa brigade, non pas comme combattant, mais comme secrétaire, et c’est ainsi qu’il partit dans le désert du côté de Mekili et qu’il participa au recul des troupes alliées vers Gazala et Bir-Hakeim.

Encore une fois Bouvier déposa une demande pour avoi un poste plus actif. Finalement, le Général Koenig accepta de l’affecter à la Compagnie du Train chargée du transport automobile entre Bir-Hakeim et les bases de l’arrière. Ce n’était pas un travail de tout repos, on était souvent bombardé et les aventures des conducteurs étaient fréquentes dans le désert à cette époque.

Le 27 mai 1942, la colonne de véhicules séjournait 15 kilomètres à l’est de Bir-Hakeim quand un message radio annonça que les Allemands approchaient de la base. Bouvier fut volontaire pour aller seul en reconnaissance. Sans s’en rendre compte, il se trouva un moment entre deux chars ennemis, les prenant pour des Anglais. Plus loin, il rencontra des troupes britanniques que ces chars venaient d’attaquer. Les Allemands avaient détruit les camions anglais, avaient confisqué toutes les armes et laissé sur place les soldats alliés. Bouvier les embarqua dans son camion et les ramena à son camp. Il fut réprimandé pour ne pas avoir reconnu les Allemands et félicité pour avoir sauvé les Anglais.

Puis vint le siège de Bir-Hakeim.

Voici ce que raconte Bouvier au sujet de cette nuit du 8 juin au cours de laquelle il fut blessé : Je conduisais l’un des quinze camions qui transportaient du matériel à Bir-Hakeim à travers les lignes ennemies. Nous étions chargés à bloc et tout se passait bien. Dans l’obscurité les Allemands ne nous avaient pas repérés, et déjà l’officier, chargé de nous piloter pour nous faire traverser les champs de mines, nous avait contactés quand, probablement alertés par le bruit de nos moteurs, les Allemands ouvrirent le feu contre nous. Un camion fut touché, il était plein d’obus de 75 mais, par chance, il n’avait pas explosé. Si le contraire s’était produit, c’était notre mort à tous. Je sautais dans le camion et parvenais à jeter dans le sable les caisses de fusées. Malheureusement un nouvel obus arriva et les fusées explosèrent à côté de moi. Tous les camarades pensèrent que j’étais mort.

De toute façon ils s’efforçaient de mettre les munitions à l’abri et me laissèrent sur place. Mais une patrouille anglaise avait vu de loin l’explosion et comme elle s’était produite dans les lignes allemandes, elle se rapprocha pour voir ce qu’il en était.

Les Anglais me ramassèrent, j’étais en assez mauvais état. Si mon bras droit fonctionnait à peu près, le gauche était grièvement atteint.

Trois soldats écossais se proposèrent pour une transfusion de sang et c’est ainsi que maintenant j’ai 60 pour cent de sang écossais dans les veines...et j’en suis très fier."

EN SAVOIR PLUS

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