BLAISE Alexandre

10/06/1920

Unité : RMSM

 

Français Libre

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  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945 avec 3 citations
  • Médaille de la Résistance
 

À propos

 

Écrits

10 juin 1940. J’ai tout juste vingt ans. Je suis au lycée de Bayonne en préparation à Saint-Cyr mais, m’attendant à être mobilisé, je suis allé à Laval embrasser les miens. Les miens c’est-à-dire mon père, médecin-chef du lycée devenu hôpital militaire, ma mère et mes neuf jeunes frères et sœurs - la plus jeune n’a pas six mois.

Mais l’avance allemande est telle que - sauf mon père bien sûr - nous repartons tous ensemble pour Saint-Jean-de- Luz où ma grand-mère et une de ses filles ont une petite maison. A peine arrivés, nous entendons à la radio, le 17 juin, la voix chevrotante du vieux maréchal oser demander de soldat à soldat l’armistice à Hitler.

Allons-nous subir la défaite, accepter la servitude sans avoir tout tenté pour l’éviter ? C’est impossible. Je veux me battre et tourne en rond, enrageant d’impuissance. Heureusement, le lendemain, j’entends l’appel du général de Gaulle. L’espoir renaît, voilà la voie qu’il faut suivre, je vais partir.

Un peu tremblant parce que je suis l’aîné des dix et que je vais la laisser se débrouiller seule, je fais part à ma mère de mon intention. Mais ma mère souffre autant que moi du malheur de la patrie. Tout plutôt que de voir ses fils travailler un jour pour l’ennemi. Je veux bien que tu partes , dit-elle, mais à une condition : Emmène ton frère !

Et trois jours après, Philippe et moi nous embarquons avec la division polonaise sur le Sobieski qui nous permettait de rejoindre de Gaulle en Angleterre. Nous allions continuer le combat, l’honneur était sauf.

Témoignage recueilli par Fred Moore

Souvenirs épars, 1940-1942 : ceux qui sont engagés à 20 ans dans les FFL se souviennent, Espoir n°71, juin 1990

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