BEON Raoul, Elie

07/04/1911 - 11/05/1943

Grade : médecin-capitaine

Unité : BM 3/BM 5

 

Français Libre

Voir ses décorations

  • Chevalier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération
  • Croix de Guerre 1939-1945
  • Médaille de la Résistance avec rosette
 

À propos

Lieu de naissance : Monbert (Gers)

Profession : médecin militaire

Ralliement : AEF (août 1940)

Lien compagnons

Mort pour la France

Date de décès : 11/05/1943

Lieu de décès : Takrouna (Tunisie)

Cause de la mort : tué en soignant des blessé

Sépulture : Tunisie-Algérie, région d'Enfidaville, route de Kairouan, cimetière A.C.L. puis cimetière de Bordeaux

 

Notes

Service historique de la Défense, Caen
Cote AC 21 P 20052


Écrits

Evoquer ce grand-père que je n’ai pas connu est osé.

Il fait en effet partie de ceux qui ne sont pas rentrés et n’ont pas fait connaître à leur famille la joie du retour. Mais il m’a marquée par la raison même de sa disparition, son engagement. Quand j’étais enfant, ce passé dont j’entendais parler me terrifiait et me pesait. Je percevais qu’il y avait eu beaucoup de souffrance pour ma grand-mère que j’ai bien connue, maman et sa sœur. Le retour en France en Mai 40 sur le seul bateau non bombardé, la surveillance par les gendarmes et la Gestapo, la condamnation à mort portée par les gendarmes (seul souvenir de maman), la vente publique des quelques biens laissés en Afrique.

Même peu évoqué, cela frappe l’imaginaire. C’était comme les documentaires ou les films, sauf que c’était vrai.

Je sentais que chez les autres enfants de mon âge, on s’intéressait peu à cette Histoire, les années 60-70 étaient assez légères. Enfant, on n’aime pas être différent des autres. Le temps m’a permis d’être fière de cette différence. Il faut se construire à partir de ce qui fut unique et héroïque dans ce passé familial, le valoriser, en faire une force. C’est ainsi que je souhaite le transmettre à mes enfants.

J’ai lu cet été les lettres de mon grand-père resté en Afrique à sa femme. L’écriture est jeune, actuelle : il est mort à 32 ans sous un obus en soignant un soldat africain. Dès le début de Juin 1940 il est lucide. Il parle de la façon honteuse dont la France a abandonné la lutte , il ne veut pas qu’elle soit rayée de la carte , il explique avec pédagogie sa position, les journaux vous trompent , rétablit la vérité sur l’affaire de Syrie, et pense à ses enfants :  leur papa faisait partie des Forces Française Libres, mon sacrifice aura servi à vous faire libres. Il est responsable jusqu’au bout : j’aurais pu me dire comme d’autres : que fera un type de plus ? si tout le monde avait dit cela...

Rugbyman et médecin, il va au bout de son engagement sans s’épargner. Je suis choquée d’entendre trop souvent dire autour de moi que les résistants étaient des terroristes : cela explique ma présence ici. Il faut rester vigilant dans l’humilité.

En participant à l’AFCL, j’éprouve du réconfort en voyant que je ne suis pas seule sur ma planète.

Françoise BASTEAU-LACOSTE

Bulletin de l’Association des Familles de Compagnon de la Libération n°3 - 15 juin 2009

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