1e Régiment de Fusiliers Marins

Origine

Le premier bataillon de F.M. est créé à Londres le 10 juillet 1940 par l’amiral Muselier et, reprenant la tradition de la Brigade de Dixmude , porte la fourragère rouge. Bataillon de D.C.A. pendant la campagne de Libye, cette unité devient le 1Régiment de fusiliers marins le 17 septembre 1943 et reçoit son drapeau des mains de M. Jacquinot, le 26 janvier 1944, au camp de Bou-Ficha (Tunisie).

Chefs de corps

Capitaine de corvette Robert DETROYAT 17 juillet 1941 21 juin 1941
Capitaine de corvette Jean DES MOUTIS 21 juin 1941 6 septembre 1941
Capitaine de corvette Hubert D’AMYOT D’INVILLE 6 septembre1941 10 juin 1944
Capitaine de corvette Pierre DE MORSIER 10 juin 1944 9 août 1945

Opérations

  1. 1941 : La Syrie
  2. 1942 : La Libye - Bir Hacheim
  3. 1943 : La Tunisie
  4. 1944 : L'Italie
  5. 1944 : Le débarquement en Provence
  6. 1945 : L'Alsace
  7. 1945 - Les Alpes L'Authion

Citations

28 août 1942

Le Général de Gaulle cite pour les motifs suivants :

A l’Ordre de l’Armée

Le 1er Régiment de Fusillers Marins

Sous les ordres du capitaine de corvette Amyot d’Inville, s’est distingué au cours de la campagne de Libye (février à juin 1942).

A participé à toutes les colonnes mobiles qui ont harcelé l’ennemi avant l’offensive de mai 1942.
Au cours des combats de Bir-Hacheim, du 26 mai au 12 juin 1942, alors qu’il venait de recevoir un matériel nouveau, a fait preuve d’excellentes qualités techniques et de splendides qualités de discipline et de courage au feu.

Pendant quinze jours, a défendu le ciel de Bir-Hacheim. Attaqué journellement, à plusieurs reprises, par des raids de chacun 60 à 100 avions ennemis, n’a jamais cessé le feu au milieu des bombardements les plus denses — a subi de ce fait des pertes sévères — a abattu 7 avions ennemis.

Au cours de la sortie de vive force de la nuit du 10 au 11 juin 1942, a sauvé une grande partie de son matériel, malgré les barrages de feux d’infanterie.


22 juillet 1944 Décision n°120

Sur Proposition du Ministre de la Guerre

le Président du Gouvernement Provisoire de la République Française

cite à l’Ordre de l’Armée

Le 1er Régiment de Fusilliers Marins

Magnifique Unité de reconnaissance née du Bataillon de fusiliers marins illustre depuis 1941 sur tous les champs de bataille où les Forces françaises libres maintinrent haut le drapeau français, qui en a gardé la tradition de bravoure, l’ardeur et l’allant, vient d’en faire la preuve au cours de la campagne d’Italie de mai et juin 1944, pressant constamment l’ennemi en retraite, atteignant le premier, sous l’impulsion énergique de son chef, le capitaine de frégate Amyot d’Inville, tué dans l’action, 17 bourgs ou villages, jalonnant de pertes qui atteignent le quart de ses effectifs la route glorieusement ouverte du Girofano au seuil de Toscane.


10 avril 1945 Décision n°621

le Général de Gaulle,

Président du Gouvernement Provisoire de la République Française

Cite à l’Ordre de l’Armée de Mer

Le 1er Escadron de Chars

Escadron de chars du 1e Régiment de fusiliers marins, commandé par le lieutenant de vaisseau Barberot. Le 27 septembre 1944, mène l’attaque sur Clairegoutte et Frédéric-Fontaine et capture 230 prisonniers. Le 6 octobre, à travers un terrain jugé impraticable aux chars, parvient au Ballon d’Eboulet et menace Ronchamp. Le 8 octobre, participe à la prise de la cote 620. Le 22 novembre, reprenant sa marche en avant de la Division, entre par surprise à Auxelles-Bas, Vescemont, Rougegoutte, où sa manœuvre rapide sauve le pont, coupe la retraite à 3 canons de 77, détruit un canon de 88, débouche sur Grosmagny et fait à Ettuefond, Saint-Germain, Romagny une avance foudroyante jusqu’à Rougemont. Fait 250 nouveaux prisonniers. Prend une part des plus importantes dans les succès tactiques de la Division. Les 7, 8, 9 janvier débloque par une manoeuvre extrêmement audacieuse les villages d’Herbsheim et Rossfeld encerclés, capturant de nombreux prisonniers et réussissant à évacuer les blessés de la garnison et à la ravitailler. Le 30 janvier, à l’issue de la campagne de France, ayant 3 officiers tués, 7 hors de combat, perdu 40 % de son effectif et n’ayant plus que 5 chars valides, prend, par la marche sur Obenheim, l’initiative de l’avance, qui mène la Division jusqu’au Rhin.

Escadron déjà cité en Italie.


5 mai 1945 Décision n°688

Sur la proposition du Ministre de la Guerre,

le Président du Gouvernement Provisoire de la République Française,

Chef des Armées,

cite à l’Ordre de l’Armée

Le 1er Escadron de Chars

Unité d’élite instruite, commandée et entraînée par lieutenant de vaisseau Barberot, qui sut y développer les qualités de mordant et de mépris du danger précieuses dans une unité blindée d’avant-garde, a au cours des journées du 18 au 20 mai forcé les défenses de l’adversaire sur les vallées du Garigliano et du Liri, ouvrant ainsi brillamment la marche en avant qui devait conduire la Division jusqu’à Rome. Malgré des pertes lourdes en personnel et en matériel atteignant la moitié de son effectif, n’a cessé de montrer le même allant et la même audace qui entraîna ses premiers succès.


7 juillet 1945 Décision n°925

Sur proposition du Ministre de la Marine,

le Président du Gouvernement Provisoire de la République Française,

cite à l’Ordre de l’Armée de Mer

Le 1er Escadron de Chars

Unité d’élite qui, sous les ordres du capitaine de corvette Barberot, vient à nouveau de se faire remarquer par son mépris du danger et son intelligence au combat. Engagée sans répit du 10 au 14 avril 1945, a éclairé, appuyé, protégé toutes les actions d’infanterie qui ont amené la conquête des Cabanes-Vieilles, des ouvrages de plan Caval et des trois Communes des hauteurs de Giagiabella, de la Maune, de la Conella et de l’ouvrage de la Dea. A part son audace et la rapidité de ses manœuvres, a été un élément déterminant du succès.

A perdu 5 officiers sur 6 et près de 50% de ses effectifs engagés.

Escadron deux fois cité à l’ordre de l’Armée, en Italie et en France.


10 avril 1945 Décision n°621

Sur la proposition du Ministre de la Marine,

Le Général de Gaulle,

Président du Gouvernement Provisoire de la République Française,

Chef des Armées,

cite à l’Ordre de l’Armée de Mer

Le 2ème Escadron de Reconnaissance du 1er R.F.M. 

Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Savary, s’est illustré en Italie au mont Leucio, à Montefiascone, sur le Liri et à Acquapendente. Prend brillamment part au siège de Toulon, entre à Lyon, continue à foncer vers le Nord-Est pour pénétrer seul à Autun. Le 9 septembre infligeant à l’ennemi des pertes très lourdes en tués et en prisonniers. Dans la forêt de Chérimont (septembre-octobre 1944), lutte pied à pied au corps à corps contre un ennemi d’élite, perdant ainsi les meilleurs de ses hommes. Sous le commandement de l’officier des équipages Colmay, pendant les durs combats défensifs de la campagne d’Alsace, soutient le choc ennemi à Sans et Martzerheim, la Division repassant à l’offensive, le 2e Escadron enlève par un coup d’audace le pont de Marckolsheim sur le canal du Rhône au Rhin, ouvrant le passage à la Division et aux blindés de la Division blindée. Du même élan, dépassant les objectifs et précédant les chars, il s’empare du village d’Artzenheim, faisant de nombreux prisonniers, abrégeant ainsi de plusieurs jours, par son action décisive, la résistance allemande dans la poche de Colmar.


10 avril 1945 Décision n°621

Sur proposition du Ministre de la Marine,

le Général de Gaulle,

Président du Gouvernement Provisoire de la République Française,

Chef des Armées,

cite à l’Ordre de l’Armée de Mer

Le 3ème Escadron de Reconnaissance du 1er R.F.M. 

Commandé par l’enseigne de vaisseau Millet, en août 1944, pendant l’avance sur Toulon, le 3e Escadron atteint la Crau, le château Saint-Michel, Saint-Jean-du-Var, la Palasse, faisant plus de 200 prisonniers. Du 10 septembre au 18 novembre 1944, sous Belfort, établit plusieurs points d’appui et effectue sans répit des patrouilles et des liaisons entre les postes avancés.

Du 20 au 30 novembre 1944, avance rapidement malgré un terrain miné, excessivement difficile. Force le passage de La Chapelle-sous-Chaux, réalisant ainsi la liaison avec Giromagny et avec Belfort. Les 25 et 26 novembre, s’empare de vive force de La Chapelle-sous-Rougemont et de Niederbruck. Parvient à Bourbach-le-Bas, où sa présence aide efficacement au maintien de cette position violemment attaquée par l’ennemi. Participe, le 10 janvier 1945, à la liaison, extrêmement audacieuse entre Benfeld et le village d’Herbsheim encerclé, évacuant les blessés et ravitaillant la garnison. Depuis le 6 mai 1944, avec des pertes totales en hommes atteignant les trois quarts de son effectif, n’a cessé de prendre une part particulièrement active aux combats de la Division, infligeant de lourdes pertes à l’ennemi, dont près de 400 prisonniers.


5 juin 1945 Décision n°798

Sur proposition du Ministre de la Marine,

le Général de Gaulle,

Président du Gouvernement Provisoire de la République Française,

Chef des Armées,

cite à l’Ordre de l’Armée de Mer

Le 4ème Escadron du 1er Régiment de Fusilliers Marins

Escadron de reconnaissance formé en mars 1944, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Langlois, avec des éléments nouvellement recrutés, peu de temps avant le départ du régiment pour la campagne d’Italie. Après une courte période d’instruction, s’est tout de suite distingué dans les faubourgs de Tivoli, puis en appui d’infanterie le long de la route n°71, puis le 18 juin au carrefour de Madona Delle Vigne, qu’il prend et conserve en dépit d’une violente contre-attaque. Après le débarquement à Cavalaire, pénètre à Hyères le 22 août, après de violents engagements, éprouve devant la Garde de lourdes pertes dans une mission de soutien d’infanterie, puis entre au Pradet le 23 août. Le 24 novembre, sous le commandement du lieutenant de vaisseau Cadeac d’Arbeaud, pénètre en Alsace dans la haute vallée de la Doller, entre à Sewen le 25 novembre avec le B.M. 2 ; libère Dolleren et Oberbruck. Le 26 novembre, il atteint le Ballon d’Alsace ; le 28 novembre, libère avec l’infanterie Wegscheid, Kirchberg et Langenfeld ; le 29 novembre, établir par Niederbruck et Sickert la liaison Masevaux, déjà occupé.

Le 7 janvier 1945, à Kraft, le 4e Escadron contribuait à empêcher de justesse le passage du canal par les chars ennemis, contient avec la 1e Compagnie du B.M. 21 la poussée allemande sur Strasbourg. Le 1e février, atteint le Rhin à Limburg et, par une habile infiltration, contribue à faire tomber Artzenheim le même jour.

Unité pleine d’allant, a constamment, au cours de la campagne des Vosges et d’Alsace, donné à l’infanterie l’appui maximum de ses moyens en hommes et en matériel. 


18 Juin 1945

CROIX DE LA LIBÉRATION

Après quatre ans de lutte glorieuse, après s’être illustré à Bir-Hacheim et en Italie, après avoir participé au débarquement de Provence et sous le commandement du capitaine de corvette Morsier brillamment pris part à la libération du territoire français, de Cavalaire aux Vosges, par Toulon, Lyon, Autun, infligeant à l’ennemi des pertes considérables au cours des raids audacieux sur ses colonnes en retraite, s’est à nouveau illustré dans les Vosges, éclairant la marche de sa Division, attaquant partout avec fougue et mordant un ennemi décidé à se défendre opiniâtrément, s’emparant de vive force de très nombreux villages, de Frédéric-Fontaine à Rougemont et à Niederbruck,faisant, du 25 septembre au 27 novembre 1944, plus de 500 prisonniers
et détruisant 4 canons. A continué sans faiblir en janvier 1945,débloquant les villages d’Herbsheim et Rossfeld, pour finalement, les 30 et 31 janvier, dépassant les objectifs assignés, atteindre le Rhin au prix de pertes très élevées.