PARTAGEONS NOS MEMOIRES -1 de la DFL- Le parcours de Robert ROUSSAFA (Transmissions)

Né le 27 février 1926 à Alger, à l'âge de 17 ans, je décide de m'engager malgré le désaccord de mes parents.

En juin 1943, au regard de mon jeune âge le bureau de la place de COLOMBECHAR à évidemment refusé de prendre ma demande. En retour, le lieutenant de permanence m'a délivré un billet de transport pour Casablanca en caserne. Sur place le Commandant en charge du recrutement étant absent et dans l'attente de son retour ? J'ai pendant huit jours été affecté « aux pluches ».

 


Au bout de huit jours, un sergent du régiment m'a demandé si j'étais d'accord pour rejoindre avec lui et quelques autres volontaires, les Forces Françaises Libres. Pour ma part, étant toujours dans le doute de mon engagement, j'ai accepté de partir avec eux.

 

Août 43, séjour à DELLYS pour l'instruction puis rejoint la DFL en Tunisie à Nabeul sous les oliviers. 17 juillet 1943, affecté au 1er Bataillon de TRANSMISSION - Section fil - 1ère compagnie, commandée par le Capitaine BASTELICA. Là, j'ai pris mon nom de guerre »MICKEY « .

 

La tenue et le matériel étaient exclusivement Anglais. Peu après nous recevons l'ordre de prendre la tenue et le matériel Américain à CASABLANCA.
Je venais depuis huit jours d'obtenir mon permis de conduire et je fus affecté au volant d'un Bedford anglais au grand dam des anciens. Sur place, nous avons perçu le nouveau matériel et je suis revenu au volant d'un GMC. Nous avons gardé le casque Anglais sur ordre du Général BROSSET

 

Perception du matériel en vue du départ pour l'Italie. J'étais conducteur d'une Jeep équipée pour tirer des lignes rapides. Nous étions trois à bord. Un chef d'équipe, un monteur et moi-même. Instruction sur les lignes téléphoniques jusqu'à notre départ.

11 avril 1944. Embarquement à BIZERTE sur un liberty-cheep « Georges M'Bib », navire anglais, et débarquons au port de Naples le 15 avril 1944.

Participons le 11 mai à l'attaque sur le terrain du GARIGLINAO en bas du Monte Cassino (Baptême du feu). Traversons la ligne GUSTAV et la ligne HITLER des allemands à PONTECORVO. Dépassons ROME, puis prise de MONTEFIASCONE, où nous avons subi des pertes notamment notre Lieutenant, mitraillés par avion. Prise de la forteresse de RADICOFANI. Regroupement au Lac de BOLSENA et repos à ALBANOVA.
Rejoignons TARENTE pour préparation du matériel en vue d'une opération qui sera le débarquement en PROVENCE.

Embarqué le 11 août 1944 et débarquement avec les américains le 15 aout 1944 au DRAMONT, près du Lavandou. Puis nous avons progressé par TOULON, MARSEILLE, LYON, AUTUN, CHALON SUR SAONE, la Haute Saône, LURE, MELISEY où le Général BROSSET a son QG dans le château de CARRAS.


Toujours conducteur d'une DODGE 6X6 aménagée spécialement pour le fil, mon équipe a été remaniée et en faisait partie. Le sergent POLIANOWSKI dit « Ignace » - Roger WILLERMOZ dit « Roger » (tous deux ont sauté sur une mine en Alsace). - puis trois camarades dont seuls les noms de guerre me reviennent « Tintin », « »Tête de mort » et moi-même,

Cantonnés à LA GOULOTTE dans une ferme, nous établissons nos lignes téléphoniques tout autour de MELISEY, RONCHAMP, CHAMPAGNEY, CLAIRE GOUTTE et FRAISSE.
C'est entre RONCHAMP et CHAMPAGNEY que le Général BROSSET trouvera la mort à bord de son véhicule en voulant éviter un pont miné. Il était accompagné de Jean-Pierre AUMONT qui en sortira indemne. Pour ma part, je me trouvais à trois cent mètres de là. C'était le 20 novembre 1944.

Le Commandant SAINT HILLIER prend provisoirement le commandement de la Division au QG au château de Carras.

Nous poursuivons notre route vers GEROMANY et BELFORT.
Après quelques jours de repos, départ mi-septembre 1944 vers la Charente Maritime en vue de rejoindre la poche de ROYAN qui était en grande difficulté.
Nous cantonnons dans le village de JONSAC en Charente Maritime. Nous passons Noël 1944 et chantons la messe de minuit dans ce village. Accueillis chaleureusement par les habitants, nous étions cantonnés dans l'école.
Deux jours après, départ à nouveau en direction de la Lorraine. En chemin, panne du camion à EPINAL. Nous nous présentons dans une caserne où l'on nous refuse l'entrée au regard de notre insigne de la Croix de Lorraine. Un sergent, chef de poste, nous refuse l'essence. C'est l'intervention d'un civil, ayant assisté à la scène, qui nous a dit « Les petits, pour moi, vous êtes tous des libérateurs, j'ai personnellement acheté au marché noir de l'essence, et je vais vous en donner ».

Nous rejoignons la division en Lorraine a SAALES où nous passons le jour de l'An ;

 

Début janvier 44, nous rejoignons l'Alsace à OBERNAI, et prenons position pour la libération des villes suivantes : CHERVILLERS, SELESTAT- en direction de COLMAR. C'est entre SELESTAT et COLMAR que deux de mes compagnons sauteront sur une mine. Ils sont inhumés dans le cimetière militaire d'OBERNAI.


C'est à SELESTAT , le 5 février 1944 vers 22 heures alors que nous tirions une ligne téléphonique qu'un obus tombe sur un char devant une boulangerie, la détruisant par l'explosion des munitions. Un autre char voulant remorquer le premier explose à son tour, détruisant plusieurs maisons. D'autres obus de gros calibre continuent de tomber. Nous avons appris par la suite qu'il s'agissait d'un gros canon tirant des obus géants à partir de l'autre côté du Rhin.

Repos pendant huit jours chez l'habitant dans le village de DIEFENTAL près de DAMBACH-LA-VILLE.

Mi février 44, départ de la Division pour les Alpes. Ma compagnie arrive à VILLEFRANCHE SUR MER et logeons dans les bâtiments du vieux port. Notre équiê est désignée pour se rendre à SOSPEL - Logeons chez l'habitant. Nous naviguons entre Sospel, PEIRA-CAVA, L'ESCARENE etc... Deux autres de mes camarades seront blessés.

Fin avril 44, passons en Italie par le col de TENDE jusqu'à TURIN, toujours pour passer des lignes et retour à SOPEL pour l'Armistice. Retour sur VILLEFRANCHE SUR MER pour repos.

Mi Mai 44, départ pour PARIS où nous atterrissons au Château de Gros Bois près des Sept Iles.

Là, j'ai été hospitalisé au Val de Grâce pendant un mois pour la malaria que j'aurais contractée en Italie.
Nommé 1ère classe le 1er Juillet 1945.

 

Démobilisé le 24 septembre 1945, je suis remonté en Haute Saône à RONCHAMP, où je travaillais dans les mines de charbon au fond et un jour, les gendarmes sont venus m'arrêter à la mine à 4 heures du matin avant la descente, me reprochant d'être insoumis. Le chef de brigade n'étant pas levé, j'ai fait quatre heures de cellule. Me justifiant, j'ai été remis en liberté sans aucun excuse de leur part. J'ai été choqué et déçu. Cela ne m'a pas empêché de faire par la suite (six ans après) carrière en gendarmerie, totalisant 25 ans et demi de service dont dix ans de guerre avec l'Algérie.

Entré à Charenton à l'Ecole de Gendarmerie le 8 janvier 1952, nommé gendarme le 20 août 1952. Embarqué à Marseille le 3 septembre 52, muté à l'escadron de Sétif, puis l'escadron de Bône le 10 mars 1953. Commence la guerre d'Algérie, opération ouverture de toute et de convoi sur La Calle-Soucaras- Constantine et la frontière Tunisienne avec Auto-mitrailleuse 8 et half-track.
Opération près des mines de l'Oensa près de Constantine. Deux morts- deux blessés.
Muté à la brigade de recherches du secteur de Bouzaréa, j'ai remplacé l'adjoint au commandant de Brigade pendant quatre mois.
Muté à Orléanville- opération et ouverture de route.

Pendant les troubles du 24 janvier 1960 à Alger, nous avons eu quatorze morts et cent vint cinq blessés.

Déplacement pendant six mois au Sahara, à Regan Plateau et Amoudia, lieux d'essais de bombres atomiques. Avons été exposés aux radiations.

1960 -Muté à ma demande en gendarmerie départementale dans la brigade de Duplex à 40 km de Cherc helle pendant six mois. Muté au groupement d'Orléanville jusqu'à la fin de la guerre et retour en métropole le 10 septembre 1962. Muté à l'escadron de Gap pendant trois mois et muté à l'escadron d'Antibes où je suis resté douze ans (maintien de l'ordre et déplacements).
J'ai participé au maintien de l'ordre de 1968 lors des troubles survenus dans la capitale du 6 mai au 6 juin.
J'ai pris ma retraite avec le grade de gendarme, le 6 septembre 1974. Je vis retiré quartier l'Eyguette à Correns 83570 dans le centre Var.

 

 

Décorations :
- Reconnaissance du Général de Gaulle
- Médaille militaire
- Citation à l'ordre du régiment avec étoile de bronze
- Médaille commémorative de la France Libre
- Croix du combattant volontaire
- Croix des anciens combattants 39-45
- Commémoration Afrique du Nord
- Reconnaissance la nation -Afrique du Nord
- Reconnaissance de la nation -Sahara
- Commémorative Italie
- Combattant volontaire de la Résistance