1 DE LA DFL - Marc CROISY, ancien des Transmissions et radio du Général Brosset
Je suis arrivé en Angleterre le 18 juin 1940 avec ma mère et mes deux soeurs.
Nous avons subi le blitz puis j'ai fait mes études au Lycée Français. ma soeur fut secrétaire de l'Amiral Muselier puis de Maurice Schuman.
Au dernier trimestre de 1943 je représentai la France dans les réunions de Jeunesses internationales.
En décembre je m'engageai dans les forces françaises libres et obtins mon Soldier's Pay Book.
Je quittai Glasgow le 15 janvier 1944 et nous fîmes une traversée très dangereuse jusqu'à Alger le 25 janvier.
ensuite je partis pour Tunis. A Nabeul, je fus nommé dans les transmissions et eus le bonheur de retrouvé mon frère qui était officier dans le B M .
En mars je fus nommé radio du général Brosset. Un peu plus tard je demandai de suivre le cours d'aspirants à Cherchell mais on me répondit aussitôt que j'étais plus utile là où j'étais.
Avec le Général je suis toujours resté alors que j'ai eu trois chefs de poste.
Il m'appelait ''blond-blond. Le suivre était toujours dangereux.
Je voulais aussi vous signaler combien le Q.G et le commandant St Hillier ont été bons avec moi. Ainsi le 27 mai, mon frère fut sérieusement blessé en Italie et je fus aussitôt prévenu.
En France le 23 août 1944 alors quavec le Général nous rentrions de Thouars on m'annonça que mon frère venait d'être tué.
Un peu plus tard le commandant St Hillier m'accorda deux jours pour que j'aille à la Londe sur la tombe de mon Frère.
En avril je fus reçu au peloton d'officiers. longtemps malade je dus abandonner.
Marc Croisy
Avril 2011
Au sujet de la photo du Général Brosset diffusée sur le site de la D.F.L sous le titre "Diego Brosset, la dernière image"
" Je ne me rappelle pas avoir vu le général Brosset ainsi couvert le 19 novembre.
A 7 h le général fit le tour de ses commandants de brigades pour les pousser en avant;
Nous repartîmes pour Champagney, Plancher-Bas puis Auxelles-bas..le général fut au premier rang. Il stimula par sa présence les troupes engagées. Il fut plus actif que
jamais.
Le 20 novembre quand nous arrivâmes sur le Rahin, le pont était miné et le génie travaillait. Comme malgré tout cela n'allait pas assez vite à son goût le général aida les
démineurs.
Nous partîmes en direction de Giromagny et dans la forêt, à la suite d'une mauvaise manoeuvre la Jeep du général tomba dans un fossé.
Il prit aussitôt celle d'un détachement de circulation et il me fit rester garder la Jeep accidentée. je n'en menais pas large car j'étais seul dans la forêt et je savais que les Allemands étaient devant;
Le Général reparti suivi par la Jeep de transmission ;
Je passai la nuit tapi dans la jeep et sans dormir.
Le lendemain matin le B.M 24 vint me tirer jusqu'au Q G ;
J'appris avec chagrin que le Général s'était tué."
Respects.
Marc Croisy