1 DE LA DFL - Récits et témoignages....Jacques TARTIERE - 13 DBLE, acteur sous le nom de Jacques Tannière, tombé à Damas en 1941

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Biographie de Jacques TARTIERE

source: Ordre de la Libération

 

Petit-fils de Georges Feydeau, Jacques Tartière est né à Paris le 23 août 1915.

Elevé en partie aux Etats-Unis, il reçoit la nationalité américaine du fait du remariage de son père avec une américaine.

Bachelier, il rejoint la France à l’âge de 18 ans et est appelé au service militaire en septembre 1933 au 169e RI. Promu sergent en décembre 1934, il est réformé en février 1935 pour raisons de santé.

Il s’installe alors à Barbizon en Seine-et-Marne où il devient éleveur de poulets.

 

En 1937 au cours d’un de ses séjours outre-Atlantique, il rencontre à New York la comédienne américaine Drue Leyton avec laquelle il part pour l’Europe en février 1938. Ils se marient en septembre 1938 en Angleterre où Drue est engagée au cinéma.

Avec son épouse il habite à Barbizon et c’est par l’intermédiaire du producteur et réalisateur Roland Tual qu’il devient comédien. Il tourne au cinéma, sous le nom de Jacques Terrane, dans La Loi du Nord de Jacques Feyder, aux côtés de Michèle Morgan. Le couple Tartière est en vacances à Cassis au moment de la déclaration de guerre et remonte rapidement à Paris

 

Jacques Tartière, bien que souffrant de problèmes pulmonaires, s’engage comme volontaire en septembre 1939. Comme il parle couramment l’anglais, il est affecté à la mission française de liaison auprès de l’armée britannique.

 

Désirant à tout prix servir en combattant, il parvient à prendre part à l'expédition de Norvège grâce à un pieux mensonge : il se présente à ses chefs comme traducteur de norvégien (dont il ne parle pas un traître mot) et est envoyé à ce titre en Norvège avec le corps expéditionnaire du général Béthouart au sein de Légion étrangère. Nommé sergent-chef le 1er mai 1940, il fait la preuve de son courage en assurant, sous le feu de l'ennemi, le débarquement des munitions d'un petit bateau jusqu'à ce que ce dernier, touché, s'enflamme. Il est cité à l’ordre de l’armée.

 

L'opération terminée, il se retrouve en Angleterre au moment de l'armistice et s'engage immédiatement dans les Forces françaises libres. Resté à la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère (13e DBLE), devenue temporairement 14e DBLE, il est promu adjudant le 1er juillet 1940.

 

En septembre, il est à bord du Westernland devant Dakar dans le cadre de l'opération "Menace" visant à rallier à la France libre l'Afrique occidentale française. Après l'échec de l'opération de Dakar, l'adjudant Tartière combat en Erythrée, au sein de la Brigade française d'Orient du colonel Monclar, comme chef de section d'éclaireurs motocyclistes (il a dans le civil son permis moto) en participant à la chute de Keren et de Massaoua en avril 1941. Le 30 avril, il quitte Massaoua avec son unité à bord du paquebot Paul Doumer pour gagner Qastina en Palestine dans le cadre de la préparation aux opérations de Syrie.

 

Le 8 juin 1941, il passe dans les premiers la frontière de Syrie.

 

Le 18 juin, alors qu’il vient d’obtenir la reddition d’une unité de Vichy qui a arboré un drapeau blanc, il retourne à moto vers ses lignes lorsqu'il est abattu dans le dos.

Jacques Tartière est décédé à l'hôpital de Séraphan, le 20 juin 1941, jour de l'entrée des Forces françaises libres à Damas. Il a été inhumé à Ramleh en Syrie.

 

Son demi-frère, Philippe Keun, également engagé dans la Légion étrangère en septembre 1939 puis devenu agent de l'Intelligence Service, sera pendu par les Allemands au camp de Buchenwald en septembre 1944.

 

 

• Chevalier de la Légion d'Honneur

• Compagnon de la Libération - décret du 21 août 1941

• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)

Lorsque Gustave CAMERINI évoquait dans son livre "Ce soir, nous monterons tous au paradis", la mémoire d'un "grand seigneur",  Jacques TARTIERE...


"J'ai encore à citer, j'aurais du peut-être le mentionner avant, Jacques Tartière. J'ai déjà parlé de lui, je crois, à propos de la Norvège. Je veux raconter sa bravoure  au combat, son indifférence devant sa première blessure, légère, qu'il reçut, et je dois dire son aspect de grand seigneur, car c'était un garçon doué d'une beauté remarquable. Je ne sais pas très bien, je pense qu'il était le fils d'un Français d'Amérique. Son éducation était aussi "en langue anglaise", en français bien entendu comme première langue. Il était en Amérique mais il avait un ton plus britannique qu'Américain. Il avait travaillé, parait-il à Hollywood car il était tellement beau, tellement élégant, qu'on l'avait pris, je ne sais pas ce qu'il a fait, il n'en parlait jamais. Il fut avec moi comme adjudant-chef jusqu'à l'arrivée en Angleterre. En Angleterre, j'étais décidé à rester avec lui, c'est à dire à l'avoir avec moi, si la chose était possible, non seulement dans les combats, mais même en dehors, dans le pays, dans le civil, mais cela se révèla très difficile, parceque j'étais officier et lui ne l'était pas. Partout on voyait des écriteaux :"Officiers only, officers only". Dans l'armée française ausso, on y regardait de près. J'ai vu une fois le colonel Magrin-Verneray renvoyer un aspirant d'une réunion d'officiers en lui disant "vous n'êtes pas officier!". C'était assez désagréable. Enfin, c'était ce que c'était. Mais j'étais décidé : puisqu'il y avait "Officers only", eh bien, on irait passer la soirée quelque part ailleurs.

Alors après, je m'en fichais, j'étais là comme officier, oui, mais je n'étais pas dans un établissement d'officiers. Nous avons passé quelques heures en dînant ensemble dans des restaurants, et j'étais très content. Mon idée était que, il le serait devenu d'ailleurs, il était destiné à devenir un des officiers de liaison franco-britannique compte tenu qu'il parlait aussi bien le français que l'anglais, et compte tenu de son intelligence et de son élégance.

Hélas, que ne l'est-il devenu, car en Syrie, il prit le commandement d'une section, d'un groupement, je ne sais plus, de motocyclistes.

Hélas, il partit, non pas pour combattre et tuer, mais pour être tué, car dès qu'il vit de loin les autos blindés de Vichy, il n'hésita pas à foncer en agitant les bras, comme on fait lorsque des camarades se retrouvent.

Hélas, l'auto blindée répondit à ses signaux amicaux en le laissant approcher, puis en lui envoyant des balles dans la tête. Il fut tué. Je n'ai évidemment plus eu l'occasion d'entendre parler de lui. C'était terminé. Alors il est resté chez moi, dans mon crâne, si je puis dire. Lorsqu'il fut tué on me dit " Vous savez, Tartière est mort". On mourait assez facilement en ce temps là, ce n'était pas trop impressionnant. Mais je veux lui réserver une petite place dans ces souvenirs, car il l'a véritablement méritée".

Cette video et ses images d'archives (photographies et extraits , notamment, du film sur la 1ère DFL) retracent la vie de Jacques Tartière, Jacques Terrane au cinéma, abattu d'une balle dans le dos par les forces vichystes à Damas,  le 18 juin 1941.

Sont interviewés dans ce reportage son cousin et le Compagnon de la Libération Robert GALLEY.

cliquer sur l'image pour accéder à la video depuis le site "Mémoires et Plaques"

 

Ce second reportage sur des images d'archives, a été réalisé pour France Télévisions dans la série "les Compagnons de Aube - 18 destins du 18 juin".  Cliquer sur l'image pour accéder à la video.

Article de Terre Magazine, signalé sur le Forum Patria Nostra

EN SAVOIR PLUS

 

Article sur l'artiste Jacques TERRANE sur le site CINEARTISTES