1 DE LA DFL - Souvenirs, témoignages...Emile GAUTHIER (BM4) évoque ce que fut la germanisation de l'Alsace Moselle à partir de juillet 1940, et son parcours de résistant avant de rejoindre la D.F.
Mai 2011, OBENHEIM. Monsieur Emile Gauthier et son épouse ont fait le déplacement à Obenheim et à Strasbourg pour assister à la commémoration annuelle du BM 24 et au Congrès de l'Amicale de la DFL. Emile Gauthier est originaire de Lorraine et il nous rappelle dans un entretien à écouter ci-dessous, quelle fut la situation dès juillet 1940 en Alsace et en Moselle lorsque commença la germanisation de ces territoires : déplacements des populations francophones vers des départements français, incorporation en 1941 des classes 22 et 24 dans une organisation paramilitaire allemande, puis incorporation des mosellans dans l'armée Allemande. Nombre de ces incorporés de force connurent ensuite les camps russes dont celui de Tambov, particulièrement sinistre dont beaucoup ne revinrent pas.
Echappé de Lorraine en 1943, Emile Gauthier rejoint les maquis d'Oisans et des Chambaran avant d'intégrer avec ses camarades résistants la DFL, à Lyon en 1944. Il participera aux combats des Vosges, d'Alsace et de l'Authion.
A Saint Hippolyte, le 25 mai, il a déposé une gerbe à la stèle des 33 jeunes "Chambaran" du BM 4 tombés dans les combats pour la Défense de Strasbourg.
SAINT HIPPOLYTE
Le rappel des faits , extrait de notre chapitre sur l'historique du BM 4 :
"Le 18 janvier, le B.M. 4 est relevé par le B.M 21 et va vers le Sud, d'abord à KINTZHEIM, où il relève le 2e B.L.E, puis le 23, il se regroupe à Saint-Hippolyte, au pied du HAUT KOENIGSBOURG. Le lendemain, faisant face à l'Est, il borde la rive Ouest de l'ILL, à la corne Sud-Est de la forêt de l'ILLWALD de façon à contrôler les mouvements ennemis qui pourraient être masqués par elle. Le mouvement s'effectue sans encombre, trois prisonniers sont faits.
A 17h 50, alors qu'il fait nuit noire, une intense fusillade éclate, les tirs d'arrêts partent mais la radio fonctionne mal, on ne peut les régler à la demande, et il n'est pas possible d'envoyer des renforts à l'aveuglette. Le crépitement des armes automatiques dure environ une heure, puis c'est le silence. De 20h 30 à 23 heures, des éléments de la 2e Compagnie rejoignent isolément ou par petits groupes, le Capitaine arrive un des derniers. La Compagnie avait été brutalement submergée par une attaque d'environ trois Compagnies allemandes. Malgré une défense énergique, la 2e Compagnie avait été vaincue par le nombre et avait laissé sur le terrain la moitié de son effectif.
Le lendemain, les autres compagnies du bataillon s'installent sur la rive Ouest de l'ILL et aux lisières Sud de la Forêt de l'ILLWALD, tandis que la 2e Compagnie, réduite à deux sections, se reforme à Saint Hyppolyte".